Panne économique généralisée : l’Algérie, un pays où on n’investit plus depuis au moins 5 ans

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En Algérie, le taux d’investissement a chuté  de plus de 10 points au cours des cinq dernières années. Tombé à 37,3% en 2021, il est désormais revenu à son niveau de 2008, s’alarme à ce sujet une évaluation approfondie des récentes évolutions de l’économie algérienne réalisée par une récente étude réalisée par le département des « Etudes Economiques » de la célèbre banque française BNP Paribas, considéré comme le 8ᵉ plus important groupe bancaire international, présent dans 65 pays dont l’Algérie depuis 2002. BNP Paribas a rapporté en 2021 un produit net bancaire (PNB), équivalent du chiffre d’affaires pour le secteur, de 46,2 milliards d’euros.

Cette étude nous révèle que l’Algérie souffre d’une inquiétante baisse concernant aussi bien les investissements publics que les investissements du secteur privé. « Or, en l’absence d’investissements, les effets d’entraînement de la politique budgétaire expansionniste
sont très faibles », explique cette même étude pour relever que l’Algérie est plombée par une croissance économique faible au regard de son potentiel considérable en raison de la faiblesse des investissements productifs de nouvelles richesses alors que l’Etat algérien augmente sans cesse ses dépenses budgétaires sans produire un impact significatif sur le développement économique du pays.

C’est le taux d’investissement qui permet de mesurer l’ampleur de cette amère réalité économique. Il faut savoir que le taux d’investissement d’un pays est un indicateur de son dynamisme économique. Plus le taux d’investissement d’un pays est élevé, plus le pays est dynamique et s’emploie à utiliser sa richesse créée pour construire son avenir.

En comptabilité publique, l’investissement d’un pays est calculé par un agrégat précis : la Formation Brute de Capital Fixe (FBCF). La FBCF mesure toutes les acquisitions nettes de toutes les entreprises sur le sol national pendant un an. Il peut s’agir de biens immobiliers, de machines, de logiciels, de dépenses de formation, de R&D, etc. Le taux d’investissement d’un pays correspond au rapport entre les fonds alloués à l’investissement, donc la FBCF, et la création de richesses du pays, donc le PIB.

Le taux d’investissement en Algérie est effectivement de plus en plus faible. En 2015, il représentait jusqu’à 50 % de tout le PIB du pays, à savoir la richesse nationale annuellement créée par les agents économiques résidant à l’intérieur du pays.

En 2021, ce taux d’investissement a baissé à moins de 40 %, voire jusqu’à 35 % du PIB du pays. Hors gouvernement, à savoir les investissements privés ou étrangers, le taux d’investissement a baissé de 18 % du PIB du pays en 2015 à moins de 10 % du PIB en 2021. Une situation effectivement inédite qui dévoile une régression économique alarmante en Algérie provoquée par un désinvestissement général qui a fini par donner naissance à une panne économique généralisée dans laquelle patauge l’Algérie. Ce qui porte un énorme préjudice à son rythme de développement.