Nouvelle crise de liquidités dans les banques algériennes : à peine 521 milliards de DA dans les caisses depuis le 30 avril dernier

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L’Algérie fait une nouvelle face à une nouvelle crise de liquidités et la situation demeure très tendue au niveau des Banques algériennes où les caisses sont restées une nouvelle vides depuis le début de l’année 2021. Preuve en est, la liquidité globale des banques algériennes s’est établie à 521,073 milliards de dinars, selon la situation mensuelle de la Banque d’Algérie au 30 avril 2021, publiée au dernier journal officiel n° 66 datant du 29 août 2021. 

Cela signifie que jusqu’au 30 avril dernier, il ne restait dans les caisses des banques algériennes à peine 521 milliards de Da, un chiffre dérisoire et insignifiant au regard des énormes besoins du marché bancaire algérien. Et ce recul du niveau des liquidités s’est renforcé depuis le 31 janvier dernier. A cette époque, le niveau de la liquidité bancaire s’établissait à 681 milliards de dinars, reconnaît toujours la Banque d’Algérie dans les situations mensuelles publiées dans les colonnes du Journal Officiel.

A partir du 28 février 2021, le niveau des liquidités bancaires a baissé jusqu’à 548 milliards de Da pour remonter fin mars 2021 à 613 milliards de Da avant de rechuter une nouvelle fois à 521 milliards de Da à fin avril 2021. Cela signifie tout bonnement que la crise des liquidités s’est aggravée à la fin du premier trimestre de l’année en cours à cause d’un fort déséquilibre entre offre et demande.

Il faut savoir que la liquidité bancaire se traduit par la capacité d’une banque à faire face à ses obligations de trésorerie en fonction de leur échéance. Dans les pays plus au moins développés ou bien structurés, à savoir bien gérés, cette capacité est surveillée comme le lait sur le feu par les autorités de contrôle des banques qui ont institué différentes règles et différents ratios pour s’assurer que les banques gèrent au mieux leur risque de liquidité.

Or, malheureusement, en Algérie, le système bancaire est totalement archaïque et peine à se moderniser en faisant preuve d’une véritable inclusion financière, à savoir en attirant vers lui toutes les liquidités en circulation dans le pays notamment dans le marché informel. Face à la crise financière qui s’est nettement aggravée depuis le début de la pandémie de la COVID-19 en 2020, les banques algériennes se sont écroulées. Et pour cause, elles ont été exposées à une pression qui dépasse largement leur capacité : les ménages se sont retrouvés dans une situation de crise en consommant leurs épargnes suite à la baisse de leurs revenus et la hausse des prix des produits depuis mars 2020 d’où s’explique la forte pression sur les guichets des banques et de la poste pour retirer davantage de cash afin de faire face aux dépenses quotidiennes.

Et c’est ainsi que la crise de liquidités a commencé en Algérie puisque les banques ne peuvent pas fournir l’argent recherché par les consommateurs algériens. Nous sommes donc en pleine crise financière. Et même les entreprises rencontrent de grandes difficultés pour  retirer souvent de grosses sommes de leurs comptes bancaires payer les salaires et acheter leurs intrants indispensables à la production. C’est dire enfin que la crise de liquidités est symptomatique d’une crise financière profonde en Algérie.