« Nouvelle Algérie » : inquiétante remise en cause des acquis de l’ouverture démocratique d’octobre 1988

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La « Nouvelle Algérie » dont se targue l’actuel pouvoir algérien a procédé à une inquiétante une « remise en cause des acquis de l’ouverture démocratique d’octobre 1988 ». C’est du moins ce que constat un nouveau rapport sur les violations des droits humains établi par l’ONG Riposte Internationale, une association créée et établie en France par des activistes et militants de la diaspora algérienne en faveur de la démocratisation et la promotion des libertés fondamentales en Algérie.

Tout un chapitre de ce rapport a été dédié à la forte détérioration des acquis démocratiques arrachés par la population algérienne au lendemain des protestations populaires d’Octobre 88.

« Nous assistons à une remise en cause des acquis de l’ouverture démocratique d’octobre 1988 ainsi qu’à un retour à la situation du parti unique, aux pires moments de son histoire. Cette situation se traduit par l’emprisonnement des chefs de partis et des responsables d’associations qui ne s’inscrivent pas dans la ligne politique gouvernementale actuelle », dénonce ainsi vigoureusement ce rapport qui pointe du doigt les pratiques totalitaires et machiavéliques du régime algérien.

« Des dossiers sont montés à l’encontre de ces partis et associations afin de les dissoudre et de les interdire. Même si le régime met en avant, une avancée sur le plan constitutionnel : autrement dit le fait de rendre (uniquement) déclarative l’organisation des manifestations publiques, la révision constitutionnelle prévoit néanmoins que la législation en vigueur reste en place jusqu’à la transposition de la nouvelle législation, dans un « délai raisonnable » qui n’est pas défini (art. 225) », explique à ce propos ce rapport de l’ONG Riposte Internationale.

La même source rappelle que dans cette « Nouvelle Algérie » née dans le sillage du Hirak de février 2019, « aucune manifestation ou réunion n’est tolérée. Même les réunions organiques, internes aux partis, sont interdites ». Le rapport de l’ONG algérienne qui active depuis Paris a relevé aussi que « des partis sont harcelés, inquiétés et menacés de dissolution (pour le seul fait de recevoir des citoyens ou des activistes au sein de leur siège) ».

Ce rapport illustre également son argumentaire sur la remise en cause des acquis démocratiques d’octobre 88 par le « sort particulier » réservé à la Ligue Algérienne de Défense Des Droits de l’Homme (LADDH) dont plusieurs de ses membres sont soit incarcérés, soit sous contrôle judiciaire ou en liberté provisoire.

« Il semble que le nouveau subterfuge utilisé par les autorités consiste à refuser les dossiers déposés par les associations ayant tenu leur assemblée générale de conformité
comme prévu par la loi, même si ces dossiers sont déposés par un huissier de justice ; il est tenu de les envoyer par voie postale (ces tracasseries bureaucratiques sont vécues par plusieurs associations). Cela permet aux autorités d’invoquer l’argument du non renouvellement de l’agrément « gestion d’une organisation non agréée » comme une accusation qui a été utilisée contre Faleh HAMMOUDI de la section de Tlemcen de la LADDH », analyse à cet effet ce rapport accablant qui ne manque pas de revenir aussi sur la situation particulièrement déplorable dans laquelle se retrouvent plusieurs opposants algériens harcelés, bâillonnées ou encore emprisonnés par l’actuel pouvoir algérien qui ne tolère aucune initiative démocratique.

Pour rappel, le 5 octobre 1988, de violentes émeutes éclataient en Algérie et allaient entraîner l’effondrement du système du parti unique qui, avec l’armée, encadrait de manière autoritaire la société. Réprimées dans le sang, elles ouvriront la voie à des avancées démocratiques sans précédent, mais aussi à l’arrivée des islamistes radicaux au début des années 90. Cette violente contestation a marqué un tournant dans la vie politique et sociale du pays. Elle a conduit à l’adoption d’une nouvelle Constitution, à la naissance du multipartisme et à l’avènement d’une presse indépendante. Des acquis sont totalement en voie de disparition dans cette « Nouvelle Algérie ».