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mercredi, février 8, 2023

Nouveaux rebondissements dans la troublante affaire d’Arezki Aberkane

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La troublante affaire d’Arezki Aberkane, ce chef d’entreprise incarcéré après une longue garde-à-vue totalement injustifiée et un dossier judiciaire bâclé construit sur des faits dérisoires comme il a été révélé récemment par Algérie Part,  est en train de provoquer des tiraillements inquiétants au sein du sérail algérien. Dans une précédente publication, nous avions parlé des dessous du limogeage surprenant et brusque du contrôleur de police Rafik Terfas, le chef du Service central de lutte contre le crime organisé de Saoula (Alger), l’un des organismes les plus importants de la DGSN. 

Nous avions expliqué que ce limogeage est directement lié à l’arrestation et incarcération arbitraires de l’homme d’affaires Arezki Aberkane. Ce dernier fait visiblement les frais d’une violente guerre de clans qui oppose le cercle proche du chef d’Etat-Major, Said Chengriha, au cercle proche du locataire du Palais Présidentiel d’El-Mouradia, Abdelmadjid Tebboune. Une guerre où tous les coups sont permis et où chaque clan tente de neutraliser les « amis » des chefs du clan adverse pour l’affaiblir au moyen de l’instrumentalisation de la Justice et des services de sécurité.

Nous avons poursuivi nos investigations pour obtenir de nouveaux éléments factuels. Il s’avère ainsi que le chef du Service central de lutte contre le crime organisé de Saoula (Alger),Rafik Terfas, se trouvait au moment de l’arrestation, à savoir le 3 février dernier, d’Arezki Aberkane en visite de travail à l’étranger plus précisément en Tunisie. Selon nos sources, cette visite à l’étranger a été entamée le 29 janvier dernier.

Il est revenu ensuite à Alger à partir du 13 février où il est reparti dans une tournée à travers plusieurs wilayas du pays. Rafik Terfas a appris, ensuite, son limogeage par… téléphone le jeudi 17 février dernier. Aucune explication ne lui a été fournie par sa tutelle, à savoir le patron de la DGSN, Farid Zineddine Bencheikh. Et à la surprise générale de nombreux cadres dirigeants de la DGSN, Bencheikh a nommé rapidement un successeur à Rafik Terfas, il s’agit du commissaire divisionnaire Mohamed Touhami, a-t-on pu apprendre au cours de nos investigations.

Au sein de la DGSN, cette rapidité déconcertante dans la désignation de Mohamed Touhami et le remplacement de Rafik Terfas, démontre  que l’affaire d’Arezki Aberkane a provoqué un véritable séisme au plus haut sommet du pouvoir algérien. Et cette contexte sulfureux et troublant a permis à Bencheikh de placer à la tête  du Service central de lutte contre le crime organisé de Saoula (Alger), l’un de ses « protégés » car Rafik Terfas n’aurait jamais été choisi par le patron de la DGSN pour occuper ses fonctions. Au contraire, il lui a été imposé « d’en haut » à la suite d’une importante intervention au sommet du pouvoir algérien.

Nous avons pu confirmer également au cours de nos investigations que Mohamed Aoune, l’ancien PDG de l’Entreprise nationale de promotion immobilière (ENPI) et ancien directeur général de l’Office de Promotion et de Gestion Immobilière (OPGI) de Boumerdès. Ce dernier a été auditionné effectivement comme il a été rapporté dans notre précédente publication dans le cadre de l’enquête sur les biens et fortune du promoteur immobilier Omar Benabdellah. L’enquête du Service central de lutte contre le crime organisé de Saoula (Alger) menée au mois de décembre 2019 avait permis d’identifier une quarantaine de biens immobiliers cédés à Omar Benabdellah par l’OPGI de Boumerdès lorsqu’il a été dirigé par Mohamed Aoune. Ce dernier est aussi cité dans le dossier judiciaire en cours de traitement par le tribunal de Sidi M’hamed à Alger. Et il risque d’être inculpé dans les prochaines étapes de l’instruction judiciaire. Certaines sources affirment que le limogeage de Rafik Terfas est une « vengeance orchestrée » par les protecteurs puissants de Mohamed Aoune qui veulent empêcher son inculpation par la Justice.

Quoi qu’il en soit, tous ces nouveaux éléments que nous avons pu obtenir confirment que l’affaire d’Arezki Aberkane a dévoilé l’ampleur dramatique des luttes intestines au sein des appareils les plus névralgiques de l’Etat algérien. Des hauts responsables du régime algérien torpillent régulièrement le fonctionnement des instituions de l’Etat comme la DGSN dans la seule optique de servir les agendas de leurs clans respectifs. Attaques suivies de contre-attaques, des amis emprisonnés, des proches inquiétés et harcelés, des familles apeurées, tous les moyens sont bons pour que les clans divisés composant l’ossature du pouvoir algérien arrivent à leurs sinistres fins.

 

 

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1 COMMENT

  1. Un grand panier à crabes. Tous les mêmes quel que soit leur clan d’appartenance. Quant à ce Arezki Aberkane, combien d’Algériens continuent d’être incarcérés après d’interminables gardes-à-vue totalement injustifiées et des dossiers vides construits sur la base de mensonges et de faits trafiqués? Des centaines, voire des milliers. Alors pourquoi pleurer sur le sort d’un des leurs sacrifié sur l’autel de la guerre des clans qu’ils se livrent. Comme dit le dicton de chez nous: « Allah ey kathar chitanhoum »!