Moyen-Orient et Afrique du Nord : l’Algérie le pays le plus menacé par la cherté de la vie et l’inflation

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Dans la région du Moyen-Orient et Afrique du Nord, m’Algérie est le pays le plus menacé par la cherté de la vie et les poussées alarmantes de l’inflation, fait remarquer l’économiste français Olivier LE CABELLEC qui travaille pour le groupe Crédit agricole SA, a 10ème banque mondiale par le total des actifs, et l’un des tout premiers acteurs bancaires en Europe.

« Sauf exception (Arabie Saoudite notamment), l’inflation progresse significativement cette année dans tous les pays de la région », a analysé à ce sujet Olivier Le Cabellec dans les colonnes du bulletin de l’Analyse économique et sectorielle du groupe Crédit Agricole. « Les phénomènes à l’origine de cette hausse et qui se combinent sont désormais très bien connus. Au scénario d’accélération de la croissance post-Covid de 2021 et d’augmentation des prix mondiaux, s’ajoute l’impact de la guerre en Ukraine qui a provoqué la très forte hausse des prix de l’énergie (pétrole et gaz), des matières premières agricoles (les céréales) et de l’ensemble des biens et services qui y sont liés (les transports notamment) », relève le même expert qui a classé l’Algérie à la première place du podium des pays enregistrant les hausses les plus importantes de l’inflation.

Selon les prévisions de cet économiste, le taux d’inflation en Algérie va terminer l’année 2022 au-delà des 10,7 % et pourrait descendre à 7,3 % en 2023. Selon Olivier le Cabellec, deux factures expliquent la grande fragilité de l’Algérie face à l’inflation et exposent sa population aux ravages de la cherté de la vie : « la hausse du prix des céréales importées et la dépréciation du dinar depuis trois trimestres qui alimentent l’inflation importée », décrypte le même expert.

« Le gouvernement pourrait décider d’assouplir la fiscalité et faire une pause dans la baisse des subventions afin d’atténuer l’impact négatif sur le pouvoir d’achat des ménages. Une politique qui pourrait être facilitée par la stabilité retrouvée, au moins provisoirement, des
réserves en devises », constate le même expert du groupe bancaire Crédit Agricole.

A l’exception du Liban en faillite financière et de l’Egypte très dépendante des céréales russes, Olivier le Cabellec juge l’inflation beaucoup moins menaçante dans les autres pays de la région MENA comme le Maroc où l’inflation est mieux maîtrisée « par la politique monétaire de change fixe du dirham au panier eurodollar et par la réactivité de la Banque centrale », souligne cet expert qui reconnaît tout de même quelques importantes difficultés qui déstabiliseront le quotidien des consommateurs marocains.

« Mais cette année, l’impact très élevé de la hausse des prix des produits alimentaires, de ceux du pétrole importé, et des effets de la sécheresse, vont alimenter l’inflation qui devrait atteindre 5% pour revenir dans des normes plus favorables de 2,5% en 2023. Les prix alimentaires ont progressé de 9% de mars à mai dernier et ceux des transports de plus de 11% », signale en dernier lieu Olivier le Cabellec.