Mohamed Antar Daoud, un Ambassadeur Controversé et peu Convaincant !

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Une cérémonie de recueillement a été organisée le 11 Juin 2022 par l’Association Josette et Maurice Audin (AJMA) au cénotaphe du Cimetière Parisien du Père Lachaise.

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Comme chaque année, ce rassemblement s’est déroulé en présence, entre autres, de son Président Pierre Mansat et de Pierre, le fils de Maurice et Josette Audin, qui vient de recevoir par les autorités algériennes son passeport algérien.

Parmi les présents à cette cérémonie, il y avait quelques représentants des Autorités politiques françaises à travers Anne Baudonne Adjointe à la Mairie de Paris 20ème, et Karim Amellal, Ambassadeur, délégué interministériel à la Méditerranée et membre de la Commission présidée par Benjamin Stora sur les mémoires franco-algériennes.

Ce dernier représentait de manière officielle, selon ses déclarations, le Président de la République Emmanuel Macron.

Prenant la parole, Karim Amellal a commencé par saluer le travail entrepris par l’AJMA et ses collaborateurs scientifiques, historiens, associatifs, pour avoir permis de faire reconnaitre la responsabilité de la France dans l’assassinat de Maurice Audin, puis a demandé de poursuivre le travail entamé par l’AJMA pour rendre possible un accès aux archives, documents et sources, et ce « malgré les difficultés qui sont nombreuses, vous le savez bien, avec l’Algérie » !

Aucun représentant de l’Etat algérien n’était présent, l’Ambassadeur algérien Mohamed Antar Daoud n’ayant pas pris part à cet événement.

Le 14 Juin 2002, un site internet proche du pouvoir algérien et du Harki Abdallah Zekri, a tenté d’expliquer l’absence de l’Ambassadeur algérien.

Pour ceux qui ne le savent pas encore, Abdallah Zekri, est membre du Conseil français du culte musulman, association proche des autorités marocaines.

Zekri est né le 13 Juillet 1940 à Annaba, dans l’est algérien. Il est un ancien membre de la légion mixte de gendarmerie prévôtale de l’armée française déployée en Algérie. Ce service de la gendarmerie a été institué auprès des forces armées françaises, hors de France, pour l’exercice des missions de police générale et de police judiciaire militaire !

Un document officiel du groupement prévôtal autonome de la 2ème division, signé par le chef d’escadron Artieres, affirme que Abdallah Zekri, a « l’estime et la satisfaction de ses chefs pour la conduite régulière, la bonne manière de servir, le zèle et le dévouement par lesquels il s’est fait remarquer pendant le temps où il a été employé sous leurs yeux ».

Par ailleurs, un diplôme de la médaille commémorative a été décerné à l’actuel Président de l’Observatoire de lutte contre l’islamophobie, pour sa participation aux opérations de sécurité et de maintien de l’ordre en Afrique du Nord…

Après avoir opté pour la nationalité algérienne à l’indépendance, il s’installe en 1975 dans la ville de Nîmes, et redevient français par mariage.

Le journal en ligne proche du régime militaire algérien qui le soutient, sait pertinemment qu’Abdallah Zekri, responsable un temps des algériens en Europe et membre du conseil supérieur des mosquées en France, avait été mis en examen et placé sous mandat de dépôt à la fin du mois d’Octobre 1995, avant d’être libéré et mis sous contrôle judiciaire le 14 décembre 1995.

A l’époque, l’arrêt de la cour d’appel de Nîmes l’avait condamné à 2 ans d’emprisonnement dont 18 Mois avec sursis et 100.000 Francs d’amende, tout en prononçant une interdiction de ses droits civiques, civils et de famille pendant 5 années !  Un arrêt confirmé par la chambre criminelle de la Cour de cassation de Paris le 11 Mai 1999.

En contrepartie, Zekri devait obligatoirement payer « une caution de 35.000 Francs », remettre son passeport aux autorités françaises, ne pouvait pas se rendre à la « Préfecture du Gard, Mosquée de Nîmes, Mairie de Nîmes », et été privé de « toute participation à l’Amicale des algériens, à l’association Franco-Musulmane, et toute activité auprès d’associations culturelles ».

Jugé et condamné en 1997 par le tribunal correctionnel de Nîmes, Zekri avait alors écopé de 18 mois de prison, dont 6 avec sursis, pour trafic d’influence et faux usage de faux ainsi que d’une amende de 50.000 Francs français et de l’interdiction de ses droits de vote et d’éligibilité pour une durée de trois ans !

La justice avait démontré que ce personnage demandait de l’argent à des algériens, profitant de leur faiblesse et de leur manque d’instruction, contre promesse de régulariser leur situation en France.

Lors du jugement, il a été affirmé que Zekri avait l’habitude de dénoncer certains faits à l’autorité préfectorale en contrepartie des interventions qu’il faisait. Ces faits avaient, selon le tribunal, déjà été commis en 1970 dans la ville de Castres… En d’autres termes la justice a désigné Zekri comme dénonciateur ou délateur ! Mais cela ne semble pas déranger outre mesure le journal du Général Algérien…

Selon ce même journal en ligne, le Président de l’Association Josette et Maurice Audin aurait adressé une lettre d’excuses à l’Ambassadeur d’Algérie en France suite à une omission qui « a privé Mohamed-Antar Daoud d’assister à l’hommage qui a été rendu ».

Mieux encore, le site d’information algérien poursuit en affirmant que l’Ambassade d’Algérie n’était pas présente à la cérémonie des époux Audin pour la bonne et simple raison que Pierre Mansat n’avait pas transmis d’invitation au diplomate Algérien parce que « le mail d’invitation n’est pas parti »

Une explication à notre sens légère et insatisfaisante, et qui de surcroit ne peut justifier ce surprenant impair, contrairement à ce que l’on veut nous faire croire.

Car comment expliquer dès lors que tous les mails d’invitations adressés aux officiels français, aux historiens, aux scientifiques et aux associations, présents à la cérémonie sont bien passés, mais pas celui concernant l’Ambassadeur Algérien ?

De plus, le 13 juin 2022, le Président de l’AJMA, Pierre Mansat, avait pourtant contacté l’Ambassadeur algérien pour lui exprimer ses remerciements quant à l’accueil reçu par les autorités algériennes lors de l’inauguration du buste de Maurice Audin à Alger une semaine auparavant.

À aucun moment le Président Pierre Mansat n’avait exprimé, dans son mail adressé à l’Ambassade, un quelconque étonnement, ni n’a manifesté sa surprise du fait de l’absence de l’Ambassadeur…

C’est là un détail d’importance laissant plutôt croire que l’Ambassadeur ne faisait tout simplement pas partie de la liste des invités…

Cette situation est bien évidemment surtout compromettante pour Mohamed Antar Daoud, car elle prouve bien qu’à la différence de ses anciens collègues, il a visiblement du mal à s’imposer en France, même auprès d’une association dont la délégation avait quelques jours auparavant été reçue en grande pompes en Algérie…

En effet, en 2019, avant l’arrivée de Mohamed Antar Daoud, l’Ambassade d’Algérie était bien représentée par le ministre conseiller à l’inauguration du cénotaphe de Maurice Audin.

Si en 2020 il n’y a pas eu de cérémonie à cause de la pandémie de la Covid19, en 2021 une brève cérémonie avait bien été tenue, mais sans présence algérienne officielle.

Ainsi donc, depuis son arrivée, l’Ambassadeur Mohamed Antar Daoud n’a pu convaincre sur de simples dossiers, se faisant magistralement ignorer par une simple Association…

Nul besoin une fois encore de rappeler que le Diplomate Daoud n’a jamais mener à bien l’organisation du Comité intergouvernemental de haut niveau (CIHN), ni su user de tact et de respect quand il s’est permis de s’ingérer dans les affaires intérieures françaises déclarant lors forum organisé par le journal El Moudjahid : « Il est impossible que la principale communauté étrangère en France ne puisse pas peser sur la vie politique française. Elle doit être un levier d’influence

Si nous ne cautionnons pas les informations de certaines de nos sources internes à l’Ambassade, nous ne pouvons toutefois ignorer qu’elles nous ont affirmé qu’une invitation avait bien été transmise, mais ignorée par l’Ambassadeur… Etrange !

Mais ce qui par contre nous interpelle à haut point est de savoir pourquoi les services de l’Ambassade d’Algérie en France n’ont jamais suivi ou demandé des explications à l’absence d’invitation à un événement qui pourtant se déroule à date fixe chaque année… Incompétence ou snobisme ? à chacun de se faire sa propre opinion.

Enfin, le 14 juin 2022, le Président de l’AJMA a transmis un message au Diplomate algérien confirmant bien que « l’ambassade n’a pas reçu d’invitation pour la petite cérémonie commémorative traditionnelle du 11 juin au cénotaphe Maurice Audin, cimetière parisien du Père Lachaise. ».

« Le mail d’invitation n’étant pas parti. Cela ne se renouvellera pas » a ainsi poursuivi Pierre Mansat, confirmant bien par-là qu’il n’y a eu communication d’aucune invitation !

Une phrase lourde de sens, qui conforte nos informations et infirme les fausses déclarations du média algérien orienté et manipulé par le Harki Abdallah Zekri qui y trouve tribune, le plus souvent pour défendre le Représentant de l’Etat Algérien …Un comble !

Pauvre Algérie…