Meurtre sanglant d’un Algérien en 2019 en France : la justice n’a pas pu déterminer le mobile d’un crime terrifiant

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Trois jeunes Algériens jugés pour avoir tué un compatriote, en 2019 en France, ont été condamnés le 15 avril dernier à des peines de 13 à 20 ans de réclusion criminelle, pour meurtre et violences aggravées, par une cour d’assises des mineurs. Mais la justice française n’a pas pu déterminer avec exactitude le mobile de ce crime crapuleux et spectaculaire qui avait suscité une véritable onde de choc en France en 2019. 

Et pour cause, le corps d’Ahmed Kourak, un marin-pêcheur de 28 ans, avait été découvert pieds et poings liés, mutilé d’une soixantaine de coups de couteau, début mars 2019 dans un appartement de Lyon (centre-est de la France). La scène avait été filmée et diffusée sur les réseaux sociaux.

Les peines prononcées, inférieures aux réquisitions, ont déçu la partie civile, pour qui ce procès « a eu lieu pour rien ». Selon l’avocat de la famille de la victime, il n’a pas permis de faire la lumière sur le mobile du crime, alors qu’un vol de téléphone portable avait été évoqué durant l’instruction.

L’audience s’était tenue à Lyon à huis clos en raison de la minorité d’un des accusés à l’époque des faits. Les trois jeunes hommes, qui apparaissaient à visage découvert sur la vidéo, comparaissaient pour « meurtre en bande organisée » et « torture ou acte de barbarie en bande organisée ». Mais selon la partie civile, ce dernier chef a été écarté par l’avocat général qui a jugé difficile de distinguer les blessures relevant de la torture et celles ayant conduit au décès de la victime. La cour l’a suivi.

L’avocat général avait requis jeudi 30 ans de réclusion pour les trois hommes. Deux d’entre eux, âgés de 18 ans au moment des faits, ont été condamnés au final à 20 ans. Pour le troisième, âgé de 17 ans en 2019 et considéré comme ayant porté le plus de coups à la victime, l’excuse de minorité a été retenue: il a été condamné à 13 ans de réclusion.

« On aurait souhaité la perpétuité compte tenu des actes qu’il a commis, d’une atrocité inhumaine », avait déclaré à ce propos Me Jean-Baudouin Shibaba, avocat de la famille Kourak, qui a aussi fait part de sa « grande déception » du fait de « l’abandon des actes de torture et de barbarie ». Me Laëtitia Birenbaum, une des avocates du mineur, avait salué au contraire « une peine juste et adaptée dans ce dossier ».

La défense ne compte pas faire appel et le parquet général non plus, selon la partie civile. Un quatrième homme, âgé de 15 ans à l’époque, soupçonné d’être l’auteur de la vidéo, avait été livré à la police en octobre 2019 par une seconde victime ayant réussi à s’échapper. Il sera jugé ultérieurement par le tribunal pour enfants.

Avec Agence France-Presse