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mardi, janvier 31, 2023

Mario Draghi ce lundi à Alger : La presse italienne doute des capacités de l’Algérie à livrer davantage de gaz naturel

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Mario Draghi, président du Conseil des ministres d’Italie, est attendu  ce lundi 11 avril à Alger pour une importante visite d’Etat qui lui permettra de rencontrer le président Abdelmadjid Tebboune. Selon plusieurs sources médiatiques italiennes concordantes, le gaz naturel et les potentielles livraisons supplémentaires de l’Algérie vers le marché italien sont la première motivation de ce déplacement qualifié d’important et de stratégique à Rome. Ceci dit, les experts italiens et la presse italienne doutent de la fiabilité du partenariat avec l’Algérie et s’interroge sur les capacités réelles de notre pays à livrer davantage de gaz naturel à l’Italie, l’un des plus importants consommateurs européens de cette précieuse énergie au coeur de toutes les tensions internationales depuis notamment le début de la guerre opposant l’Ukraine à la Russie.  

Il faut rappeler que la visite de Mario Draghi à Alger a été précédée le 28 février par celle son ministre des Affaires étrangères, Luigi Di Maio, pour discuter d’une augmentation des livraisons de gaz. L’Algérie est le deuxième fournisseur de gaz de l’Italie, derrière la Russie qui assure plus de 40% de sa consommation annuelle d’environ 80 milliards de m3.

Selon plusieurs sources médiatiques, un accord sera signé ce lundi avec l’Algérie à l’occasion de la visite de Mario Draghi pour une fourniture de 9 milliards de m3 supplémentaires par an. Or, cet accord ne suscite pas des assurances à Rome où de nombreux journaux doutent sincèrement de la faisabilité d’un tel nouveau partenariat. Le quotidien italien « Opinione » a relayé ses inquiétudes en soulignant que « l’Algérie est actuellement notre deuxième fournisseur de gaz après la Russie. Mais le pipeline Transmed est ancien et inadapté pour une augmentation significative du transit de gaz naturel ».

Ce média italien rappelle, à juste titre, que l’Italie demeure le plus important client du gaz naturel algérien. L’Italie consomme par année une moyenne de 21 milliards de M3 de gaz made in Algérie alors que la consommation nationale en Italie est d’environ 80 milliards de m3 par an. Le gaz algérien représente près de 15% du gaz importé par l’Italie. La Russie domine le marché du gaz naturel en Italie avec des livraisons annuelles évaluées à pas moins de 30 milliards de M3. C’est ce qui explique la forte dépendance de l’Italie vis-à-vis du gaz russe. L’Algérie constitue-t-elle réellement une alternative à cette dépendance ? Pas si sûr car le quotidien italien « Opinione » s’inquiète aussi de la proximité du régime algérien avec la Russie de Poutine et estime que cette alliance algéro-russe pourrait menacer la sécurité énergétique de l’Italie dans un avenir.

Aux yeux de ce quotidien italien, l’Algérie est sous influence russe et la Russie ne cesse d’accroître son pouvoir en Algérie et en Afrique « dans le but de sauvegarder son monopole mondial sur le gaz ». « Le problème est que l’ Algérie a considérablement renforcé ses liens militaires avec Poutine, s’éloignant des liens économiques avec l’Espagne et la France, mais en maintenant les liens énergétiques avec l’Italie, basés sur de bonnes relations entre Eni et Sonatrach. Des mercenaires russes du groupe Wagner ont remplacé la mission euro-française au Mali, pour tenter de contrer ce Djihadisme rampant au Sahara, qui inquiète aussi Alger », relève aussi à ce sujet le même média italien.

« Il est possible qu’Alger nous vende tout le méthane qu’elle pourra techniquement vendre, mais la présence et le chantage de la Russie en Afrique pèseront lourdement sur les approvisionnements à l’avenir », fait observer « l’Opinione » qui signe et persiste dans son commentaire : « L’accord italo-algérien est également lié à la crise diplomatique qu’Alger entretient avec l’Espagne concernant le Sahara occidental ».

En plus de toutes ces considérations géopolitiques complexes et des jeux d’influence dans la région, l’état actuel des infrastructures énergétiques en Algérie ne rassure pas la RAI news, une chaîne de télévision d’information continue publique italienne du groupe audiovisuel public Rai.

« Les infrastructures du pays africain sont obsolètes et elles ont besoin d’entretien et de modernisation », souligne ce média italien en précisant qu’il « est peu probable que Transmed », un vieil gazoduc qui fournit du gaz naturel algérien à l’Italie depuis 1983, puisse fournir de nouvelles capacités supplémentaires de méthane à l’Italie.

« Il y a quelques jours, la société gazière publique algérienne Sonatrach a signé un accord avec Eni pour accélérer le développement d’un champ pétrolier et gazier à Berkine dans le cadre des plans de la société italienne visant à augmenter l’approvisionnement total en gaz également en Algérie. De nombreux analystes soulignent cependant que malgré les relations cordiales entre les deux pays, l’Algérie demeure toujours proche de Moscou, notamment sur le plan militaire et du renseignement. Et l’Algérie était l’un des 35 pays qui se sont abstenus à l’ONU pour voter des résolutions contre la Russie en relation avec le conflit en Ukraine », conclut enfin RAI qui relativise ainsi la portée et la profondeur des relations amicales vantées par le régime algérien avec l’Italie, la 3e puissance économique du continent européen.

 

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