Malgré toutes les restrictions imposées par les autorités : en 2021, la facture des importations des denrées alimentaires de l’Algérie a dépassé les 8 milliards de dollars USD

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En 2021, la facture finale des importations des produits et denrées alimentaires de l’Algérie a dépassé les 8,1 milliards de dollars USD, a pu confirmer Algérie Part en consultant une copie d’une note de synthèse élaborée par l’Office National des Statistiques (ONS), l’organisme gouvernemental en charge de la collecte des données socio-économiques, qui résume l’évolution des indices de valeurs unitaires du commerce extérieur de marchandises pour l’année 2021. 

Selon ce document en notre possession, jusqu’à la fin de l’année 2021, l’Algérie a importé effectivement pour plus de 1192,5 milliards de Da de produits alimentaires et d’animaux vivants. C’est exactement l’équivalent de plus de 8,11 milliards de dollars USD. Force est de constater qu’en dépit de toutes les restrictions imposées aux importations par les autorités algériennes, cette facture des importations des denrées alimentaires s’est envolée en 2021 par rapport à 2020. Une année auparavant, l’Algérie avait importé pour 953,8 milliards de Da de nourritures, de produits alimentaires et d’animaux vivants, à savoir l’équivalent de 6,5 milliards de dollars USD.

L’augmentation de cette facture des importations s’explique par l’important recul de la production agricole en Algérie et la récession qui a frappé de plein fouet le secteur de l’agriculture. Elle s’explique aussi par la forte inflation des prix des matières premières agricoles sur les marchés mondiaux. Pour rappel, en 2021, l’indice des prix des produits alimentaires mondiaux a atteint son plus haut depuis dix ans, selon la FAO. Céréales, huiles végétales, sucre, viande et produits laitiers ont vu leurs prix fortement croître en 2021. Les prix des produits alimentaires mondiaux en 2021 se sont affichés au plus haut niveau depuis 2011, avait indiqué un bilan de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). En moyenne annuelle, l’indice FAO des prix des produits alimentaires s’est établi à 125,7 points, soit pas moins de 28,1% de plus que l’année 2020.

Ainsi en 2021, l’Indice FAO des prix des céréales a atteint son plus haut niveau annuel depuis 2012 à 131,2, progressant ainsi de 27,2% par rapport à 2020. Dans le détail, « le maïs enregistre une hausse de 44,1% et le blé de 31,3%, mais le riz cède 4% », souligne la FAO. Du côté des huiles végétales, les prix ont atteint leur plus haut niveau jamais enregistré avec un indice à 164,8, 65,8% plus élevé qu’en 2020. Le sucre n’est pas en reste avec un indice de prix en hausse de 29,8% pour arriver à 109,3, son plus haut depuis 2016.

Fragilisée par sa dépendance alimentaire vis-à-vis des importations, l’Algérie a fait les frais de ces augmentations vertigineuses des cours mondiaux des denrées alimentaires provoquant ainsi une augmentation conséquente de la facture des importations des produits alimentaires.

Rappelons enfin que depuis l’arrivée d’Abdelmadjid Tebboune au pouvoir, plusieurs mesures ont été adoptées pour ralentir et diminuer la dépendance de l’Algérie vis-à-vis des importations. En Décembre 2020, le paiement des opérations d’importation de produits destinés à la revente en l’état a été soumis par les autorités algériennes à un délai de 45 jours à compter de la date de l’expédition des marchandises, et payable à terme (Loi de finances 2021).

En Juillet 2021, les autorités algériennes ont imposé l’interdiction des importations de carburants. En Octobre 2021, le gouvernement algérien a durci encore davantage l’importation de matières premières et de produits destinés à la revente en l’état en la soumettant à une autre demande d’inscription au registre du commerce (mars 2021). La domiciliation bancaire a été également suspendue pour les entreprises qui n’ont pas modifié leur inscription au registre du commerce (Association des banques et établissements financiers). Et à partir du 24 avril 2022, les autorités algériennes ont imposé une nouvelle obligation concernant le conditionnement de l’importation de matières premières, de produits et de marchandises destinées à la revente en l’état, par la présentation d’un document attestant de l’indisponibilité des produits à importer, sur le marché. Une mesure qui avait provoqué de graves perturbations de l’acheminement et distribution de plusieurs produits stratégiques sur le marché national comme les médicaments ou certains produits agricoles importés depuis l’étranger.