Malgré les exigences sanitaires internationales : nouvelle chute de l’utilisation des tests de dépistage PCR en Algérie

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Malgré les recommandations internationales sur l’importance vitale du dépistage en matière de prévention sanitaire contre la propagation du coronavirus COVID-19 notamment en cette période qui précèdent l’hiver, l’utilisation des tests de dépistage PCR continue de chuter en Algérie. Dans plusieurs wilayas, les tests de dépistage PCR manquent cruellement et leur utilisation se réduit drastiquement dans les hôpitaux ou laboratoires algériens ce qui fausse les calculs des autorités sanitaires sur l’ampleur réelle de l’épidémie en Algérie. 

Dans toutes les wilayas de l’est algérien, la région la plus peuplée en Algérie, au 27 septembre, le pourcentage de patients Covid-19 diagnostiqués par la PCR dans la région
Est est d’à peine 44,9 %. Cela signifie que plus de 55 % des personnes suspectes ou souffrantes des symptômes de la COVID-19 n’ont pas été dépistées dans les wilayas de l’est du pays. Un dysfonctionnement majeur et problématique qui en dit long sur la fiabilité dérisoire du système de santé algérien.

Le dernier bulletin épidémiologique de l’Institut National de la Santé Publique (INSP), le
pourcentage de l’utilisation des tests de dépistage PCR n’a pas cessé de diminuer au cours du temps. Du 27 mai au 27 juillet, il est passé de 64,5 % à 43,2 % pour les wilayas de Batna, Jijel, Sétif, M’Sila et de Mila, de 69,0 % à 42,8 % pour les wilayas d’Oum El Bouaghi, Skikda, Constantine et de Khenchela, de 76,2 % à 33,6 % pour les wilayas de Tébessa, Annaba, Guelma, El Tarf et de Souk Ahras.

Des wilayas stratégiques et énormément peuplées enregistrent des taux d’utilisation des tests PCR inférieurs à 40, voire à 30 %.  Constantine enregistre le faible pourcentage de 38,1 % et  Tébessa observe dans tout l’est algérien la proportion la plus faible avec 25 % de cas dépistés par les tests de dépistage PCR.

Ces données illustrent plus que jamais la déconnexion de l’Algérie de l’environnement international qui fait de la politique dépistage PCR l’élément central de la stratégie sanitaire contre la pandémie de la COVID-19.

Un peu partout à travers le monde, des pays développement l’idée d’augmenter leurs capacités de dépistage pour avoir une vision la plus précise possible de l’évolution de l’épidémie. Et aussi pour que chaque personne identifiée positive mette en place des mesures pour éviter de contaminer les autres. Les pays qui ne pratiquent pas le dépistage massif de la population ont une grande partie de l’épidémie qui est silencieuse, et une grande partie de personnes qui sont parfaitement asymptomatiques et qui disséminent le virus sur leur territoire national.

À une échelle plus collective, ces tests permettent aussi aux autorités sanitaires de détecter des foyers de contamination, des clusters. Mieux encore, ces tests PCR peuvent permettre l’ouverture des frontières d’un pays pour assurer la surveillance épidémiologique et contrôler les flux de voyageurs tout en préservant les intérêts économiques du pays car des frontières fermées signifient un énorme manque à gagner en milliards de dollars. Malheureusement, l’Etat algérien ne semble pas du tout comprendre ces enjeux vitaux pour le futur proche du pays !