Malgré la crise politique entre Alger et Madrid : 70 % des migrants clandestins arrivés en Espagne sont… Algériens

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Les très vives tensions politiques opposant Alger à Madrid n’ont pas ralenti le fléau de la harga. Bien au contraire, le gel de la coopération bilatérale dans le domaine de la lutte contre l’émigration clandestine est en train de profiter largement aux réseaux des passeurs des harragas qui fuient les côtes algériennes pour rejoindre l’extrême sud de l’Espagne. 

Preuve en est, pas moins de 70 % des migrants clandestins recensés jeudi 7 juillet en Espagne au cours des 72 derniers heures sont des ressortissants algériens, nous apprennent à ce sujet des statistiques établies par l’ONG Centre International pour l’Identification de Migrants Disparus (CIPIMD) qui se trouve à Malaga en Andalousie (Espagne) et qui se mobilise au quotidien pour appuyer les recherches des secours en mer dans l’espoir de sauver des migrants algériens d’une mort tragique lorsqu’ils tentent d’atteindre les plages espagnoles.

Selon cette source, les migrants algériens composent plus de 70 % des 250 migrants interceptés ou secourus par les garde-côtes espagnols pendant 72 heures au niveau de diverses provinces de l’extrême sud de l’Espagne. Ces migrants sont arrivés jusqu’en Espagne à bord de plus de 25 embarcations de fortune. Au moins 20 de ces petits bateaux ont été sauvés d’un naufrage certain grâce aux interventions des garde-côtes espagnols.

Les migrants marocains et syriens composent, selon le CIPIMD, les 30 % restants des migrants clandestins recensés par les autorités espagnoles le jeudi 7 juillet dernier.

Signalons en outre que Francisco José Clemente Martin, le militant associatif et défenseur des droits des migrants qui publie quotidiennement des informations détaillées et précises sur le nombre des Harragas algériens arrivés en Espagne, a révélé ce vendredi 8 juillet que 18 autres harragas algériens dont un enfant mineur ont été secourus à 80 KM au large des côtes de Carthagène, une ville portuaire et une base navale située dans la région de Murcie, au sud-est de l’Espagne, après avoir été repéré par un avion militaire des forces armées aériennes grecques qui font partie de l’OTAN.

D’après Francisco José Clemente Martin, ces 18 harragas algériens présentaient d’inquiétants signes de fatigue et de déshydratation. Leur embarcation était à la dérive depuis au moins 4 jours et leur jours étaient sérieusement en danger. Fort heureusement, ils ont été pris en charge médicalement et ces migrants algériens se trouvent en ce moment en convalescence à Carthagène.