L’inquiétant niveau de résilience faible de l’Algérie face aux événements environnementaux extrêmes

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L’Algérie figure dans la catégorie des pays à faible résilience où les citoyens sont davantage exposés à des événements environnementaux extrêmes tels que les feux de forêt, les canicules, les inondations, les sécheresses et les tempêtes. C’est du moins ce que nous apprend l’indice de résilience climatique publié le 17 mai 2022 par le cabinet de conseil britannique Henley & Partners, en partenariat avec Deep Knowledge Analytics, un consortium d’entreprises et d’organisations à but non lucratif appartenant à Deep Knowledge Ventures, une société d’investissement fondée en 2014 à Hong Kong. 

Dans catégorie des pays à faible résilience à laquelle appartient l’Algérie, les infrastructures sont à la fois plus faibles et plus exposées, et la capacité à se préparer et à réagir aux conséquences des événements climatiques extrêmes est très limitée. Il faut savoir à ce sujet que la résilience climatique est définie comme la « capacité sociale, économique et des écosystèmes à faire face à un événement, une tendance ou une perturbation dangereux ».

Appelé « Investment Migration Climate Resilience Index », l’indice mondial de résilience climatique permet d’évaluer la résilience de 180 pays face aux changements climatiques, et d’explorer les options d’un programme de migration d’investissement qui offrent une voie vers les droits de résidence ou l’acquisition de la citoyenneté dans des endroits plus résilients face aux changements climatiques, en échange d’un investissement significatif dans l’économie du pays d’accueil. En utilisant plus de 900 indicateurs, dont des données mesurant le PIB, les facteurs clés de la vulnérabilité climatique ainsi que la capacité des pays à attirer des financements climatiques et à mettre en œuvre des projets d’adaptation, cette étude a produit un score de résilience climatique pour 180 pays et les a répartis en trois catégories de résilience : résilience élevée (scores de 60 ou plus sur une échelle de 100 points), résilience moyenne (scores de 45 à 59,9) et résilience faible (scores de 44,9 ou moins).

L’Algérie a été notée de seulement 33,3 points et se retrouve ainsi classée au 84è rang mondial. C’est dire que son niveau de résilience face aux crises climatiques est jugé très préoccupant. A l’échelle africaine, l’Algérie est nettement désavantagée par rapport au Maroc, l’Egypte, la Tunisie ou l’Afrique du Sud qui disposent d’un meilleur niveau de préparation face aux brusques changements climatiques. Néanmoins, l’Algérie fait beaucoup mieux en matière de gestion des risques climatiques que de nombreux autres pays africains comme le Ghana, le Nigeria, la Libye ou le Sénégal.

Soulignons enfin que les cinq premiers pays ayant les niveaux de résilience climatique les plus élevés à l’échelle planétaire sont tous des grandes puissances économiques. Il s’agit des Etats-Unis qui arrivent en tête, avec un score de résilience climatique de 70,6 points, suivis de l’Allemagne (70,3), du Royaume-Uni (69,4), de la Suisse (68,4) et du Canada (68,3).

Il est à noter en dernier lieu que l’Investment Migration Climate Resilience Index combine de manière unique les données sur le PIB de la Banque mondiale (la moyenne du PIB normalisé et du PIB par habitant pour chaque pays) avec le dernier Notre Dame Global Adaptation Initiative (ND-GAIN) Country Index de l’Université de Notre Dame, dans l’État de l’Indiana, aux États-Unis, qui résume la vulnérabilité des pays au changement climatique et leur aptitude à convertir les investissements financiers (financement climatique) en mesures d’adaptation au climat. En ajoutant les données relatives au PIB, le nouveau classement mondial de la résilience climatique de Henley & Partners intègre l’importante considération de la capacité économique d’un pays à s’adapter au changement climatique et à protéger ses citoyens contre les effets les plus néfastes.