Limitation excessive et arbitraire des importations : l’Etat algérien prend conscience des dégâts de ses bêtises et maladresses

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Du secteur de l’industrie pharmaceutique jusqu’à l’agro-alimentaire ou les cosmétiques ainsi que l’industrie de l’électroménager, tous les secteurs économiques algériens ont été ébranlés par une pénurie de matières premières et de composants essentiels à la production des produits finis. Une pénurie qui avait a été provoquée depuis le mois d’avril par l’imposition d’une nouvelle obligation qui a compliqué dangereusement la vie aux producteurs et importateurs algériens. 

Cette obligation concerne le conditionnement de l’importation de matières premières, de produits et de marchandises destinées à la revente en l’état, par la présentation d’un document attestant de l’indisponibilité des produits à importer, sur le marché. Cette obligation est entrée en vigueur depuis le 24 avril dernier sur instruction du ministère du Commerce et de la Promotion des exportations.

« Les opérateurs activant dans le domaine de l’importation pour la revente en l’état, sont invités à partir du 25 avril 2022, à introduire une demande via le lien électronique: https://www.commerce.gov.dz/import, pour obtenir un document remis par les services de l’Agence nationale de la promotion du commerce extérieur- ALGEX-, à joindre au dossier de demande de domiciliation bancaire, afin de parachever les procédures d’importation », avait annoncé à l’époque le ministère du Commerce. Cette décision a produit des effets désastreux sur l’économie nationale car de nombreux productions algériens dépendant de leurs matières premières importées depuis l’étranger ont été bloqués dans leur activité par les lourdeurs de cette nouvelle procédure bureaucratique qui n’a absolument aucun sens sur le plan économique si ce n’est de réduire arbitrairement la facture des importations du pays sans prendre en considération l’impact fortement préjudiciable sur le quotidien des Algériens des pénuries qui sont occasionnées par cette nouvelle restriction.

De très nombreux opérateurs économiques algériens ont été confrontés à la mauvaise gestion de ce nouveau dispositif administratif. Au sein de l’ALGEX, les entreprises algériennes n’ont trouvé aucune oreille attentive et les réclamations formulées par ces entreprises face à l’impossibilité d’obtenir le nouveau document qu’il faut joindre aux demandes de domiciliation bancaire sont restées lettres mortes.

Par conséquent, des unités de production ont été mises à l’arrêt et plusieurs produits incontournables pour le fonctionnement du pays ont commencé à manquer cruellement dans les rayons des commerces du pays. Les conséquences de ces blocages irrationnels ont été catastrophiques dans le secteur du médicament où de nombreux traitements précieux pour la préservation de la santé des patients les plus fragiles ont fait défaut.

Pour remédier aux dégâts provoqués par cette maladresse inconsciente, hier jeudi 26 mai,  le gouvernement algérien a autorisé le ministère de l’Industrie pharmaceutique de publir un communiqué dans lequel il annonce la levée officielle au profit des opérateurs pharmaceutiques et les dispositifs médicaux de l’obligation de présenter le document délivré aux dossiers de domiciliations bancaires des opérations d’importation.

« Le ministère de l’Industrie pharmaceutique porte à la connaissance de l’ensemble des opérateurs pharmaceutiques que le ministère du Commerce et de la promotion des exportations dispense les produits pharmaceutiques et les dispositifs médicaux, eu égard à leur spécificité, de l’obligation de présenter le document délivré par l’Agence nationale de la promotion du Commerce extérieur (Algex) aux dossiers de domiciliations bancaires des opérations d’importation », a affirmé ainsi ce département ministériel.

« Cette démarche s’inscrit dans le cadre de la cohésion gouvernementale et la concertation intersectorielle en vue d’assurer la disponibilité des produits pharmaceutiques et dispositifs médicaux ainsi que la protection et la promotion de la production locale », a expliqué encore le même ministère.

Cette marche arrière du gouvernement algérien témoigne d’un début de prise de conscience et d’une remise en cause salutaire. Il est attendu que cette obligation soit levée pour l’ensemble des secteurs économiques du pays afin de ne plus pénaliser la production nationale et les consommateurs algériens victimes de pénuries chroniques. La gestion de l’économie d’un pays nécessite de la sagesse, du bon sens et du pragmatisme. On ne peut pas gérer toute une économie nationale comme s’il s’agissait d’un parti politique ou d’un service d’état civil.