Liberté économique : l’Algérie derrière le Yémen, le Tchad ou la Centrafrique

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Le dernier classement de liberté économique du Fraser Institute montre que l’Algérie est très mal classée. L’Algérie serait-elle moins libre que des pays ravagés par les crises politiques ou les guerres comme le Yémen, le Tchad ou la Centrafrique ? C’est ce que considère le dernier classement de liberté économique du Fraser Institute, le principal centre de réflexion libéral canadien.

L’Institut Fraser produit un rapport annuel sur la liberté économique dans le monde en collaboration avec le Réseau de liberté économique, un groupe d’instituts de recherche et d’éducation indépendante dans près de 100 pays et territoires. Il s’agit de la première mesure mondiale de la liberté économique, qui évalue et classe les pays dans cinq domaines : taille de l’État, structure juridique et sécurité des droits de propriété, accès à une monnaie saine, liberté de faire du commerce international et réglementation du crédit, du travail et des affaires. Le rapport de cette année, basé sur les données de 2020 (les plus récentes disponibles), tient également compte de l’effet des restrictions liées au covid.

Dans ce classement, l’Algérie se positionne à la 157e place mondiale sur 165 pays étudiés et évalués par cet indice mondial considéré comme une référence dans le domaine de l’investissement et les échanges commerciaux ou économiques internationaux. A l’exception de la Libye ravagée par l’instabilité, tous les pays du Maghreb se trouvent au-dessus de l’Algérie. Des pays en grosses difficultés économiques comme le Liban, classé 154e, et de nombreux pays africains ont été considérés comme beaucoup plus libres économiquement que l’Algérie à l’image du Cameroun, classé 144e, ou l’Angola, classé 138e, ou même un pays très pauvre comme le Niger, classé 135e.

De ce fait, l’Algérie se retrouve pour cette année 2022 classée parmi les 10 pays les moins libres économiquement dans le monde. Cette note catastrophique traduit la très mauvaise image que développe les organismes et investisseurs internationaux de notre pays. Cette très mauvaise perception de notre pays s’explique par l’autoritarisme du régime politique qui rétrécit dangereusement la liberté d’investir et d’entreprendre empêchant ainsi le développement économique du pays.

La liberté économique est considéré de l’avis de tous les économistes comme la condition décisive du bien-être, du niveau de santé ou de formation, et de la paix dans les relations internationales. Les marchés libres influencent les valeurs culturelles de manière positive : la confiance et la tolérance, en particulier, sont favorisées par la liberté économique. La recherche scientifique démontre de façon concluante que davantage de liberté économique conduit à davantage de croissance économique.

Soulignons enfin que cet indice, conceptualisé par le lauréat Nobel Milton Friedman, est considéré comme la première référence scientifique dans le domaine de la liberté économique. L’Indice de la liberté économique dans le monde (Economic Freedom in the World Index) de l’Institut Fraser est le premier outil méthodologique qui, depuis 1996, mesure les perturbations du fonctionnement des processus de marché par les organismes publics, soit directement par l’interventionnisme étatique, soit indirectement par le biais de la réglementation et des institutions de marché. Un indice similaire, l’Indice de liberté économique (Index of Economic Freedom), produit par le Wall Street Journal et la Heritage Foundation, a rapidement suivi. Depuis que cet outil très concluant a été inventé, il a été largement utilisé dans les études empiriques. Les plus importantes ont porté sur le rôle de la liberté économique dans le soutien de la croissance économique. Les études empiriques ont essentiellement conclu qu’il existe un lien significatif entre la liberté économique et la croissance économique.