L’homme d’affaires Larbaoui : « Je n’ai jamais eu la moindre relation avec la Bouchouareb et j’ai investi plus de 1300 milliards »

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L’homme d’affaires Hassan Larbaoui, l’un des jeunes entrepreneurs les plus riches de toute l’Algérie mais qui demeure largement méconnu des Algériens, s’est défendu ce jeudi au tribunal de Sidi M’hamed contre toutes les accusations de corruption et de trafic d’influence dont il fait l’objet depuis son placement sous mandat de dépôt à la prison d’El-Harrach le 20 juin dernier. Le propriétaire et patron de l’usine de montage des véhicules du constructeur Sud-Coréen KIA à Batna a clamé haut et fort son innocence en se présentant comme un jeune industriel qui voulait contribuer à l’essor de la filière du montage des véhicules neufs dans son pays. Et pourtant, ce jeudi 6 décembre, il était sur le banc des accusés du tribunal de Sidi M’hamed aux côtés de Sellal, Ouyahia, Youcef Yousfi, Mohamed Bairi, Ahmed Mazouz et les autres. 

« Je n’ai aucune relation avec Abdesslam Bouchouareb », a rétorqué de prime abord Hassan Larbaoui qui avait été accusé par les enquêteurs de la gendarmerie nationale et plusieurs de ses adversaires dans le secteur de l’automobile d’avoir soudoyé l’ex-ministre de l’Industrie en fuite en France pour obtenir le droit de représenter exclusivement la marque KIA en Algérie.

« Les sud-coréens voulaient construire une grande usine de montage et d’assemblage des véhicules en Afrique et je suis parti à leur rencontre pour négocier avec eux et j’avais comme concurrent des entrepreneurs tunisiens. Les sud-coréens m’ont finalement choisi comme leur partenaire », témoigne Hassan Larbaoui d’après lequel les managers de KIA en Corée du Sud avaient approuvé son projet en Algérie et ambitionnaient de faire de l’usine de Batna leur base-arrière pour exporter leurs véhicules en Europe. « J’ai investi plus de 1300 milliards de centimes dans ce projet pour être à la hauteur de cette ambition et les sud-coréens contrôlaient nos démarches et supervisaient nos travaux », a assuré l’homme d’affaires algériens, l’un des plus discrets richissimes businessman algériens.

Le patron de KIA Algérie a révélé également que toutes les autorisations nécessaires pour le lancement des activités de son usine de montage à Batna n’ont jamais été délivrées par Abdesslam Bouchouareb. « J’ai obtenu ces autorisations en 2017 lorsque Bouchouareb n’était pas au ministère de l’Industrie », a indiqué Hassan Larbaoui qui n’avait pas hésité à parler de sa fortune personnelle pour justifier la provenance de ses avoirs financiers.

« J’ai effectivement une villa qui vaut 60 milliards de centimes. Mais je l’ai acquise grâce à un crédit bancaire qui m’a été accordé par l’AGB Bank. Il s’agit d’un crédit bancaire de 50 milliards de centimes », a confié Hassan Larbaoui. « Ni moi ni ma femme ni mes enfants ne possèdent des comptes bancaires à  l’étranger », a rassuré encore Hassan Larbaoui interrogé par les juges sur la manière avec laquelle il s’est enrichi alors qu’il est encore âgé de moins de 40 ans.

Le patron de KIA Algérie a expliqué enfin la cherté des voitures neuves assemblées dans des usines en Algérie par la baisse spectaculaire de la valeur du dinar algérien. « A cause de la dévaluation du dinar face aux devises étrangères, une voiture au lieu de valoir 100 millions de centimes, elle vaudra 170 millions de centimes », a déploré en dernier lieu Hassan Larbaoui qui possède au moins 12 entreprises dans divers domaines liés directement ou indirectement à l’automobile.