L’exportations des carburants : le nouveau mensonge des dirigeants algériens

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A en croire certains dirigeants algériens, notre pays s’apprête à entamer bientôt l’exportation des carburants. Cette annonce fait miroiter à nos compatriotes le rêve d’une nouvelle source de revenus en devises pour le pays. Or, ce rêve il est bâti sur un pur mensonge. Explications et analyse. 

C’est le président de l’Autorité de régulation des hydrocarbures (ARH), Rachid Nadil, qui a fait le premier cette annonce. Ce dernier a assuré que l’Algérie pourra exporter des dérivés pétroliers après la mise en service de la raffinerie de Hassi Messaoud.

Intervenant ce mercredi matin sur les ondes de la première chaîne de la Radio nationale, Rachid Nadil a indiqué que la consommation de carburants a augmenté au cours du premier trimestre de cette année par rapport à l’année précédente, atteignant 1,2 million de tonnes pour l’essence, 2,5 millions de tonnes pour le diesel, soulignant que la production nationale couvre la demande. Il a assuré qu’ « un excédent sera enregistré à l’avenir après la mise en service de la raffinerie de Hassi Messaoud, et l’Algérie se tournera alors vers l’exportation des dérivés pétroliers ».

Algérie Part a pu confirmer au cours de ses recherches que les déclarations de Rachid Nadil sont précipitées et hâtives. Et pour cause, les travaux de construction de la raffinerie de Hassi Messaoud dont parle le premier responsable de l’ARH n’ont même pas encore vu le jour. Comment l’Algérie peut-elle donc tabler sur les exportations des produits dérivés pétroliers alors que le moteur principal de ces futurs exportations n’a pas encore vu le jour ?

D’autre part, l’Algérie rencontre aujourd’hui des difficultés pour produire des carburants de qualité conformes aux normes internationales en vigueur dans les pays développés.  A ce sujet, le président de l’ARH a révélé que les résultats économiques de la décision du ministère de l’Énergie, prise en juillet 2021, de retirer l’essence super des stations ont commencé à apparaître sur le terrain car, selon lui, l’Algérie n’importe plus aucun litre de ce carburant, soulignant que cela a permis à l’État d’économiser 500 000 dollars par an, en plus d’avoir réduit les coûts de transport, de stockage et d’entretien des réservoirs.

Il s’avère que ce calcul est infondé et faux. Comme il a été révélé récemment par Algérie Part, Sonatrach produit de l’essence sans plomb à indice d’octane 91 suite au passage à la fabrication d’une seule essence. Malheureusement, ce sans plomb est de qualité inférieure et contient même du benzène considéré comme un produit cancérigène néfaste pour la santé.

Les dirigeants de Sonatrach ont opté pour ce sans plomb à indice d’octane 91 afin de disposer d’une grosse quantité d’essence avec laquelle la compagnie nationale des hydrocarbures a inondé le marché national faisant croire ainsi à l’opinion publique que le pays est auto-suffisant en matière de carburants. Il convient de souligner que cette essence sans plomb de qualité inférieure est néfaste pour les moteurs des voitures des automobilistes et porte un préjudice avéré à la santé humaine.

Et contrairement à ce qui a été annoncé récemment par Batouche Boutouba vice-président de Sonatrach, chargé de l’Activité Raffinerie/Pétrochimie, lors de son passage dans une émission de la Radio Chaîne III, la réduction de la facture des importations des carburants de deux milliards de $ n’a aucun fondement économique rationnel. Cette annonce est en réalité trompeuse car il y a lieu de déduire le montant des exportations du pétrole qui devait être raffiné en Algérie par défaut de capacité suffisante de raffinage. Si on prend en considération ce paramètre, le mode de calcul change radicalement et nous aboutissons à une facture d’importation des carburants qui a été réduite seulement de l’ordre de 300 millions de $ en calculant la balance complète. C’est dire enfin que l’Algérie est de loin d’être outillée encore pour exporter des carburants vers l’étranger. Sa priorité devrait être l’amélioration de la qualité des carburants commercialisés et vendus sur le marché national pour éviter au parc automobile des incidents pouvant mettre en péril la vie des automobilistes.