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dimanche, février 5, 2023

L’Etat algérien fait exploser sa dette publique pour sauver des entreprises étatiques totalement défaillantes et privées de la moindre rentabilité

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C’est une politique totalement inconsciente et dangereuse. En 2021, l’Etat algérien a pris le risque inconsidéré de faire exploser sa dette publique dans la seule optique de sauver des entreprises étatiques totalement défaillantes et privées de la moindre perspective de rentabilité. Dans son dernier Rapport de suivi de la situation économique de l’Algérie réalisé par la Banque Mondiale, cette prestigieuse institution financière internationale explique avec perspicacité cette mécanique budgétaire préjudiciable pour le développement du pays.    

« La dette publique explose en 2021, alors que le Trésor met en œuvre un programme massif de rachat de créances pour soutenir le secteur public », indique effectivement à ce sujet la Banque Mondiale. « Au premier semestre 2021, les autorités ont commencé par demander des avances à la Banque d’Algérie (BdA), entraînant une augmentation temporaire des passifs envers la BdA.  En juillet 2021, elles ont lancé un vaste programme
de rachat de créances d’une valeur excédant les 15,3 milliards USD, rachetant les dettes des entreprises publiques en difficulté envers les banques publiques, en échange d’obligations du Trésor », explique encore à ce propos la Banque Mondiale qui a mis en garde l’Etat algérien contre les conséquences potentiellement désastreuses pour l’équilibre financier du pays de ce financement massif des entreprises publiques et étatiques moribondes.

Ce mécanisme est profondément sournois et la Banque Mondiale le démontre parfaitemebt bien. Et pour cause, pour compenser les bons du Trésor acquis dans le cadre du programme de rachat de créances, les banques étatiques algériennes ont réinvesti la majorité de ces fonds dans des obligations du Trésor. « En conséquence, la dette publique interne a augmenté de 12,9 % entre fin 2020 et fin juillet 2021. Dans le même temps, les passifs publics envers les banques se sont accrus de 907 milliards DZD entre décembre 2020 et juillet 2021, et de 1 002 milliards DZD au seul mois d’août 2021 », décryptage le dernier rapport de la Banque Mondiale qui tire ainsi la sonnette d’alarme concernant les dangers potentiels du poids élevé de la dette publique en Algérie.

Officiellement, l’Etat algérien relativise le poids de cette dette publique en expliquant qu’environ 69% de la dette publique officielle est due à la Banque d’Algérie, à des taux d’intérêt réels négatifs et à des échéances longues. Or, cette situation engendre des risques élevés pour l’économie algérienne. Des risques dangereusement relativisés par les autorités algériennes.

Et pour cause, cette dette publique ralentit la croissance économique du pays car l’Etat algérien demeure prisonnier d’une spirale infernale en épuisant son épargne et ses économies dans ses manoeuvres sempiternelles de combler le déficit budgétaire au lieu de consacrer cet argent à des programmes d’investissements et d’équipements qui pourront stimuler la création de richesses et d’emplois.

En clair, l’argent consacré annuellement pour combler le déficit budgétaire de l’Etat algérien aurait pu permettre au pays de financer des programmes de développement dont l’économie a cruellement besoin.

Rappelons enfin que l’économie algérienne tourne en ce moment au ralenti à cause de la baisse des recettes fiscales, la dépréciation de la valeur du dinar algérien (de 20 % par rapport à l’euro au cours de l’année 2020). Le contexte budgétaire est clairement défavorable, et le déséquilibre budgétaire s’est creusé davantage au cours de l’année 2021. En effet, avec une fiscalité ordinaire qui enregistre une baisse de l’ordre de 14,8 %, avec 3 048 milliards de dinars (1 dinar algérien = 0,0062 euro), contre 4 001 milliards en 2020, et une prévision de fiscalité pétrolière estimée à 1 850 milliards de dinars cette année, le budget de l’État est très serré. La dette publique ne pourra pas donc constituer encore une solution fiable pour les années à venir. L’Etat algérien ne pas continuer d’épuiser tous les épargnes et « détourner » continuellement une partie des liquidités bancaires pour combler le déficit de son propre fonctionnement financier. Il plombe ainsi définitivement la croissance du pays.

Rappelons en dernier lieu qu’en n 2020, « le Trésor Public a financé un déficit budgétaire global considérable en utilisant les reliquats du financement monétaire du programme 2017–2019 et les liquidités des entités publiques », précise la Banque Mondiale dans son dernier rapport. En 2021, un autre mécanisme a été élaboré par l’Etat algérien pour aggraver le poids de la dette publique. Et en 2022, les mêmes pratiques risquent d’être reconduites au risque d’aggraver les déficits et les déséquilibres financiers.

 

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5 COMMENTS

  1. Je parie que dans la liste quasi exhaustives des sociétés contrôlées par l’Etat algérien dont les cadres sont quasi tous issus de l’ENA algérienne, veritable école d’aghiouls idéologiquement formatés, se trouve une société de papier cul.
    L’Etat algérien qui contrôle tout et n’importe quoi, a en effet, le sens des priorités.Normal… après avoir mis le pays dans la merde et privé d’eau courante au point que tirer la chasse d’eau est un luxe à Alger même.

  2. pour mes frères LOCO, AMARA, BALOU ,BOUSSAD ,ET SANS OUBLIER YA DEN DANI

    je vous souhaite à chacun de vous, d’atteindre ses objectifs surtout rêvez grand et profitez au maximum de 2022. La vie est une aventure pleine de belles destinations. Sans oublier L’ Algérie et vos familles.🛳✈️

    Que les 12 mois de la nouvelle année soient remplis de nouvelles réalisations pour vous.

    Que les jours soient remplis de bonheur éternel pour vous et votre famille

    sincèrement Morgane

    Pour monsieur SEMMAR, bravo et merci ( Morgane)

  3. Qu’est ce que vous croyez ? Que l’Etat va se mette à subventionner le secteur privé qui lui réclame la « Démocratie » ?
    Le secteur étatique déficitaire, c’est leur réservoir d’électeurs potentiels qui assure leur survie ! Au même titre que
    toutes les coquilles vides-mangeoires de politiques et de l’administration. Ce sont des frais de fonctionnement
    obligés du système de la junte. Sans compter la sous-catégorie subventionnée sous forme de cachit !

  4. A Sœur Morgane
    Que la paix et la joie soient avec toi et ta famille tous les jours de l’Année nouvelle 2022! Je te souhaite tout le bonheur du monde pour la nouvelle année. Qu’elle soit riche de joie et de bonheur,
    Idem pour les frères qui se reconnaîtront .
    Je vous encourage vivement à ceux qui le peuvent, de rendre visite à vos familles, j’ai eu le bonheur d’avoir séjourné pendant une dizaine de jours en Kabylie,c’est un pure bonheur de revoir ces montagnes ancestrales et surtout la famille et les amis.