Les salariés d’Algérie Ferries et des aéroports de l’ouest du pays risquent de ne pas toucher leurs salaires du mois d’août

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La crise économique et financière a ébranlé durement le secteur des transports en Algérie. Et à la fin de ce mois d’août, les salariés de plusieurs entreprises et structures relevant du secteur des Transports risquent de ne pas pouvoir toucher leurs salaires du mois d’août en raison de la situation chaotique de la trésorerie de leurs entreprises et structures auxquelles ils sont rattachés. 

Algérie Part a appris au cours de ses investigations que la situation financière de l’ENTMV (Entreprise Nationale de Transport Maritime de Voyageurs), connue sous son nom commercial Algérie Ferries, est totalement alarmante et la fermeture des frontières en Europe comme en Algérie à cause des pertes considérables à cette compagnie de transport maritime dont les quelques 1300 travailleurs risquent de ne pas pouvoir toucher leurs salaires à la fin de ce mois d’août. Et pour cause, la direction générale de l’ENTMV est en train de négocier avec le CPA et la BEA pour obtenir des nouveaux crédits bancaires afin de renflouer ses caisses de plus en plus vides. Sans ces nouveaux crédits bancaires, Algérie Ferries ne pourra pas pouvoir payer les salaires de ses travailleurs.

Malheureusement, le CPA et la BEA ne sont pas du tout enthousiastes pour répondre favorablement aux sollicitations de l’ENTMW, nous apprennent nos sources d’après lesquelles les deux banques étatiques algériennes demandent, d’abord, le feu du gouvernement pour venir en aide à cette société étatique déficitaire et entièrement paralysée par la crise du coronavirus COVID-19.

D’autre part, la situation est encore plus catastrophique au niveau de 11 aéroports publics à l’ouest du pays. L’entreprise de gestion des services aéroportuaires de l’Ouest (EGSAO) risquent de ne pas pouvoir payer aussi ses 900 salariés faute de revenus à cause de la paralysie du trafic aérien provoquée par la pandémie mondiale du COVID-19 et la suspension de toutes les liaisons aériennes depuis le 17 mars dernier. Les salariés de l’EGSAO travaillent au niveau des aéroports des régions Ouest et Sud-Ouest du pays, ceux d’Oran, Tlemcen, El Bayadh, Mascara, Bechar, Mechria, Tiaret, Adrar, Timimoun, Tindouf et Bordj Badji Mokhtar. L’EGSAO est tout simplement au bord de la faillite.

D’ailleurs, la direction générale de l’EGSAO a saisi depuis le 4 août dernier le comité de participation de l’entreprise et les représentants du syndicat UGTA de l’entreprise pour leur demander de proposer des solutions dans le cadre de l’élaboration d’un nouveau plan de gestion de l’entreprise qui lui permettra de revoir la grille des salaires et leur versement dans ce contexte de crise financière. En clair, la direction générale de l’EGSAO veut faire comprendre à ses partenaires sociaux qu’il n’est plus possible de verser la totalité des salaires aux 900 travailleurs répartis sur 11 aéroports de l’ouest du pays.

Deux réunions ont eu lieu à la direction générale de l’EGSAO le 19 et 23 août derniers pour étudier toutes les possibilités envisageables concernant le règlement des salaires du mois d’août. L’EGSAO envisage tout bonnement de suspendre des salariés de leurs fonctions en raison de la situation financière très complexe de cette entreprise étatique algérienne. Au ministère des Transports, aucune réaction officielle n’a été encore notée et aucun plan de travail n’a vu le jour pour identifier des solutions à la faillite financière qui menace directement plusieurs entreprises et institutions de ce secteur stratégique du pays.