Les migrants clandestins Algériens « ont un effet cocotte-minute sur la délinquance et le risque terroriste » en France

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L’immigration a été l’un des sujets au cœur de l’échange en tête à tête, jusqu’au milieu de la nuit de jeudi à vendredi, entre le président français Emmanuel Macron avec le président Abdelmadjid Tebboune. Selon diverses sources françaises, Paris fait tout pour que le sujet apparaisse dans la déclaration finale entre les deux présidents, avec un objectif clair : qu’Alger fasse des efforts sur la lutte contre l’immigration clandestine. 

Le dossier des Algériens en situation irrégulière en France est un vrai dossier explosif pour de nombreux hauts responsables de l’Etat algérien.  « Pour nous, c’est un sujet de préoccupation majeur, car si l’Algérie ne les reprend pas, ils ont un effet cocotte-minute sur la délinquance et le risque terroriste », explique une source française citée par le quotidien Le Figaro, l’un des quotidiens les plus prestigieux de France. Cette source a rappelé, à juste titre, que ce sujet a donné lieu à une guerre de statistiques (le président algérien avait opposé le chiffre de 94 ressortissants clandestins aux 7000 avancés par Gérald Darmanin, l’accusant de «mensonge») mais aussi une guerre de définitions (pour Alger, les clandestins ne sont pas tous de nationalité algérienne).

Cependant, il semble que les autorités algériennes ont fait des efforts dans ce dossier pour apaiser les relations avec Paris. Le ministre français de l’Intérieur a récemment reconnu que le taux d’expulsions au premier semestre 2022 avait toutefois progressé: sur 1600 demandes de laissez-passer consulaires (autorisations données par Alger pour récupérer les expulsés), 300 ont été accordés en temps utile. Les autorités algériennes ont aussi récemment exempté les Algériens expulsés de test PCR, ce qui a contribué à la reprise des éloignements.

D’après plusieurs sources médiatiques françaises, ces progrès dans la coopération ont eu un effet direct sur le nombre de visas, revu à la hausse après une réduction de 50 %, et pourraient, s’ils se poursuivaient, résoudre d’autres blocages. Mais le rythme des reconduites à la frontière n’a pas encore retrouvé celui de 2019 (un peu plus de 1500 sur l’année contre 28 en 2021). Par ailleurs, Paris aimerait aussi qu’Alger participe un peu plus activement à l’identification des quelque 4000 mineurs non accompagnés se trouvant sur le territoire français.

« La seule volonté des présidents à faire avancer la relation bilatérale ne suffira pas », fait observer enfin une source française citée par le Figaro. Cette source n’a pas hésité, d’ailleurs, à lancer de sévères critiques contre les autorités algériennes en soulignant leur « manque de réactivité », les « blocages de l’administration » et l’ »incompétence à tous les niveaux ». Ces jugements de valeur en disent long sur les frustrations suscitées en France par l’attitude du régime algérien concernant le dossier la gestion de la question de l’immigration clandestine.