Les métiers les plus recherchés en Algérie reflètent parfaitement le retard économique du pays

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En Algérie, un indicateur fiable nous permet de constater l’ampleur du retard économique du pays et son incapacité inquiétante à se moderniser à travers des secteurs producteurs de richesses et de fortes valeurs ajoutées. Cet indicateur est l’emploi. Oui, force est de constater que les métiers les plus recherchés dans notre pays sont des métiers peu producteurs de richesses, très peu valorisants  et relèvent uniquement du secteur des services qui domine outrageusement l’économie nationale alors que le pays manque cruellement d’industrie pour booster sa production et satisfaire ses besoins les plus basiques.

Les résultats de l’étude sur les perspectives de recrutement 2022 réalisée par eTalent, un cabinet de conseil en ressources humaines et spécialiste en recrutement, filiale du groupe Emploitic, la première plateforme dédiée à l’emploi et au recrutement en Algérie, nous permettent de tirer des enseignements très précieux sur la situation économique de notre pays.  Cette étude nous apprend ainsi que les métiers de Commercial / Marketing restent en tête des métiers qui seront les plus prisés en ce premier semestre 2022, suivis de près par les métiers de l’administration et de l’industrie.

Plus de 37 % des entreprises algériennes cherchent à recruter des commerciaux, 24 % des recrutements visent des agents spécialisés en marketing et 25 % des entreprises algériennes ont des besoins de recrutement dans l’administration et les moyens généraux ainsi que la gestion des ressources humaines. Moins de 19 % des offres d’emploi concernent l’informatique et les télécommunications.

Les ouvriers qualifiés ne sont recherchés que par 17,7 % des entreprises algériennes alors que les métiers du BTP ne représentent que 13,5 % des emplois qui seront créés au cours de cette année 2022. La même enquête nous apprend aussi que l’industrie pharmaceutique ne va pas beaucoup recruter puisque les compétences dans ce domaine sont recherchées par seulement 8,8 % des employeurs. Les métiers des banques et assurances ainsi que le tourisme et l’hôtellerie sont les parents pauvres de l’emploi en Algérie puisque les nouveaux recrutements dans ces secteurs sont inférieurs à 5 % par rapport à la demande globale exprimée par les entreprises algériennes.

Ces dernières avouent également qu’elles sont confrontées à la problématique de la mauvaise qualité des ressources humaines dans le pays.  42% des entreprises algériennes souhaitant recruter se plaignent de la rareté des talents, 33% d’entre elles déplorent le manque de compétences et le manque d’expérience solide dans les métiers recherchées.

29% des entreprises algériennes soulignent un écart entre les acquis académiques et les exigences du monde professionnel. Les entreprise estiment aussi que « les jeunes diplômés ne sont pas suffisamment préparés à aborder le marché du travail, que ce soit sur le plan savoir faire (Hard Skills) que savoir être (Soft Skills) », constat la même étude.

Ces résultats confirment enfin que l’économie algérienne demeure plus que jamais déséquilibrée : trop dominée par le secteur des services peu créateurs de valeur ajoutée et ne pouvant guère apporter de la croissance au pays. Les secteurs productifs comme l’Industrie, le BTP ou les secteurs les plus innovants comme les nouvelles technologies des communications ainsi que l’informatique demeurent très moroses en Algérie. En plus, les compétences nationales manquent de plus en plus pour assurer le développement des activités économiques en raison d’une piètre qualité de la main-d’oeuvre et d’une problématique majeure de la bonne formation professionnelle. Tous ces paramètres aggravent la mauvaise posture économique de l’Algérie et le retard qu’elle accuse par rapport aux pays développés.