Les dessous de la terrible guerre de clans autour du poste de PDG d’Air Algérie

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Depuis le 11 janvier 2021, Air Algérie fonctionne et opère sans… PDG ! En effet, depuis cette date, Air Algérie est dirigée par un PDG intérimaire, à savoir Amine Mesroua qui avait été nommé le 11 janvier en succédant  à Bakhouche Allache, que le chef de l’État, Abdelmadjid Tebboune avait démis de ses fonctions le 9 janvier 2021. Amine Mesroua est resté durant tout ce temps un simple PDG par intérim de la compagnie nationale Air Algérie. Mais Mesroua n’est pas promis à un grand avenir et il devait être remplacé dans ses fonctions depuis plusieurs mois par un nouveau PDG. Ce remplacement a été retardé, reporté à maintes reprises en raison d’une terrible guerre de clans au sein du régime algérien où chaque lobby veut imposer son poulain à la tête d’Air Algérie. Révélations. 

Algérie Part a pu confirmer au cours de ses investigations que deux personnages sulfureux sont bien positionnés pour occuper bientôt les fonctions de PDG d’Air Algérie. Le premier est Zoheir Houaoui, représentant général d’Air Algérie pour la zone France-Nord depuis fin juillet 2018. Il s’agit actuellement de l’un des dirigeants les plus influents d’Air Algérie. Ancien chef de la division commerciale d’Air Algérie, Zoheir Houaoui fait croire à ses interlocuteurs qu’il est un parfait connaisseur des rouages de la compagnie aérienne nationale. Il affiche publiquement ses ambitions et prétend ouvertement qu’il peut redresser Air Algérie, malade de ses crises successives et dysfonctionnements incessants. Mais le principal atout, et aussi argument de lobbying, de cet haut dirigeant d’Air Algérie est… sa proximité supposée avec les enfants du Chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune.

En effet, Zoheir Houaoui évoque régulièrement ses relations avec la famille du Président de la République et dans ses discussions avec les gens du sérail, il affirme qu’il est parrainé par le clan présidentiel et jouit de la confiance du Palais Présidentiel d’El-Mouradia qui cherche à réformer profondément Air Algérie en la confiant à un nouveau PDG expérimenté.

Face à Zoheir Houaoui, nous retrouvons un certain Khider Abdelwahab, l’actuel directeur des opérations aériennes (DOA) d’Air Algérie. Ancien commandant de bord, il avait occupé en 2014 le poste de premier responsable de la DOA et il avait été « remercié » pour mauvaise gestion en raison particulièrement du dossier d’affrètement d’un avion controversé d’une petite compagnie espagnole inconnue.

Il s’agit de l’avion de ligne MD83, opéré par la compagnie aérienne espagnole SwiftAir, qui devait rejoindre Alger depuis Ouagadougou au Burkina Faso mais s’est écrasé jeudi 24 juillet avec 118 personnes à bord dont 51 Français. Pour rappel, fin juin 2019, près de trois ans après le crash de l’avion d’Air Algérie, la compagnie espagnole Swiftair, propriétaire de l’avion qu’elle avait loué à Air Algérie, avait été mise en examen pour « homicides involontaires par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de prudence ou de sécurité ».

Khider Abdelwahab se présente comme un « ami proche » des services de renseignement et de l’institution militaire. Mieux encore, plusieurs de ses proches font la promotion de sa candidature au poste de PDG d’Air Algérie prétextant la confiance dont il bénéficierait de la part de l’entourage proche du Chef d’Etat-Major de l’ANP, Said Chengriha.

Ainsi, chacun des deux potentiels futurs PDG d’Air Algérie mettent en valeur leur proximité ou leur appartenance à des clans puissants du régime algérien. Et aucun d’entre eux ne privilégie son parcours professionnel ou son projet pour une meilleure bonne gouvernance de la compagnie aérienne nationale.

Quant aux employés d’Air Algérie, ils sont très nombreux à afficher leur scepticisme car les deux personnages se disputant le poste de PDG traine de nombreuses casseroles. Privilèges illicites, implications dans des passations douteuses de marchés publics, adeptes du favoritisme ou du clientélisme, etc., Zoheir Houaoui comme Khider Abdelwahab reproduisent parfaitement les mêmes pratiques répréhensibles qui empêchent Air Algérie de devenir une vraie compagnie aérienne conforme aux standards internationaux. Les deux personnages nagent dans une mare de scandales sur lesquels Algérie Part va revenir dans ses prochaines publications.