Les chiffres révélés par le PDG de Sonatrach confirment la stagnation inquiétante de la production algérienne du pétrole et du gaz

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La production nationale des hydrocarbures, à savoir du pétrole brut et du gaz naturel, est en train de stagner dangereusement en Algérie. Et ce sont les chiffres révélés officiellement ce dimanche 3 juillet par le PDG de Sonatrach, Toufik Hakkar, qui le confirment et le démontrent. 

En effet, la production primaire d’hydrocarbures a atteint les 79,2 millions de tonnes équivalents pétrole (TEP) à fin mai 2022, en hausse de 2% par rapport aux réalisations à fin mai 2021, est-il précisé dans le bilan présenté ce dimanche lors d’une conférence de presse organisée à Alger  par la direction générale de Sonatrach. Le bilan des activités de Sonatrach a été dévoilé le directeur Gestion de la Performance au sein du groupe, Mohamed Rochdi Boutaleb lors de la même conférence de presse animé dimanche au siège de Sonatrach.

Par ailleurs, ce même bilan dévoilé par la direction générale de Sonatrch nous apprend que la production primaire d’hydrocarbures a atteint 185,2 millions tonnes équivalents pétrole (TEP), en hausse de 5% par rapport à 2020, constituée de 67% de gaz naturel, de 23% de pétrole brut, 5% de condensat et 5% de GPL.  La production des raffineries algériennes en produits pétroliers s’est élevée, quant à elle, à 28 millions tonnes, en hausse de 1% par rapport à 2020, indique le même document.

Ces chiffres « officiels » témoignent d’une augmentation très légère, pour ne pas dire insignifiante, de la production de Sonatrach dans tous les secteurs pétroliers ou gaziers y compris dans le raffinage. Aucun secteur n’a réalisé un taux de croissance dépassant les 5 % alors la demande mondiale en hydrocarbures a battu des records historiques depuis 2021 et franchi des seuils vertigineux depuis le début de l’année 2022.

Cela signifie que les efforts de production de Sonatrach ne sont guère insuffisants pour profiter de cette dynamique mondiale favorable avec des prix historiquement élevés. La production algérienne stagne ainsi faute d’investissements productifs ambitieux et d’une bonne stratégie d’exploitation des réserves nationales. C’est un signal alarmant qui en dit long sur la très mauvaise gestion d’un secteur névralgique et stratégique pour l’économie algérienne, le seul et véritable poumon économique du pays.

Concernant le volume des ventes d’hydrocarbures (exportations + marché National), il s’est élevé, à fin mai 2022,  67 millions TEP, en hausse de seulement 0,3% par rapport aux réalisations à fin mai 2021.  Cependant, en 2021, le volume des exportations des hydrocarbures s’était établi à 95 millions (TEP), en hausse de 18% par rapport aux réalisations de 2020. Cette augmentation s’explique par l’embellie des cours mondiaux du pétrole brut et du gaz nature en 2021. Le prix du baril de pétrole s’était élevé à 72,3 dollars/baril durant 2021, en croissance de 73% en comparaissant à l’exercice 2020. Ceci a permis à Sonatrach de réaliser en 2021 un chiffre d’affaires à l’exportation de 35,4 milliards de dollars, contre 20,2 milliards de dollars en 2020, en hausse de 75%.