Les Banques algériennes ralentissent le développement et la croissance économique du pays

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Les banques algériennes ne jouent pas leur rôle dans le soutien à la croissance économique du pays. A travers leurs réticences à octroyer des crédits aux entreprises et leurs hésitations à s’impliquer dans le financement de l’économie nationale, les banques algériennes plombent le développement du pays et assombrissent ses perspectives d’avenir. C’est ce qu’on peut conclure à la lumière des analyses faites par une évaluation approfondie des évolutions de l’économie algérienne réalisée par une récente étude réalisée par le département des « Etudes Economiques » de la célèbre banque française BNP Paribas, considéré comme le 8ᵉ plus important groupe bancaire international, présent dans 65 pays dont l’Algérie depuis 2002. BNP Paribas a rapporté en 2021 un produit net bancaire (PNB), équivalent du chiffre d’affaires pour le secteur, de 46,2 milliards d’euros.

Cette étude a constaté que jusqu’à juillet 2022, la croissance du crédit bancaire au secteur privé est toujours atone en Algérie. « À 3% en moyenne depuis le début de l’année, elle est nettement inférieure à l’augmentation des prix hors alimentation, malgré les mesures d’assouplissement mises en place par les autorités monétaires », signale cette étude en estimant que « contrairement à de nombreux pays dans le monde, la Banque centrale algérienne a décidé de maintenir son taux directeur inchangé à 3% après l’avoir abaissé à trois reprises durant la pandémie (3,75% au démarrage du choc) ».

« Néanmoins, dans un contexte de demande de crédits faible, les banques semblent réticentes à octroyer des crédits en raison de la dégradation prononcée de leur bilan et d’un effet d’éviction dû aux besoins massifs de financement du gouvernement », relève la même source qui pointe du doigt la mauvaise situation financière des banques algériennes et ses impacts négatifs sur la croissance économique du pays.

Ce diagnostic contredit les annonces faites par la Banque d’Algérie à la fin de l’année 2021. Pour rappel, la banque centrale algérienne avait communiqué des informations en décembre 2021 annonçant que les crédits à l’économie ont enregistré une hausse de 3,82% passant de 11.182,29 milliards de dinars à fin décembre 2020 à 11.609,37 milliards de dinars à fin octobre 2021. Ainsi, les crédits octroyés par les banques publiques ont augmenté de 3,24 % et ceux octroyés par les banques privées ont crû de 8,16 % au cours des dix premiers mois de 2021. Les crédits aux entreprises publiques, aux entreprises privées et aux ménages, ont augmenté respectivement de 4,80 %, 1,99 % et 7,11 % à fin octobre 2021, d’après la Banque d’Algérie.

Ces annonces ne se traduisent pas sur le terrain par des avancées notables en matière de soutien à la création de richesse à travers le déblocage des financements bancaires au profit des entreprises relevant du secteur privé qui emploie plus de 7 millions de travailleurs en Algérie.

Le secteur bancaire en Algérie est dominé par 6 grandes banques publiques dont une caisse d’épargne, à savoir la BNA, BEA, Badr, BDL, CPA et CNEP.  Les banques publiques jouent un rôle-clé en contrôlant une part importante du marché : elles collectent 85,50% des dépôts et octroient 87,50% des crédits. Le secteur bancaire compte aussi 13 banques à capitaux étrangers, soit 9 filiales et 3 succursales de banques internationales et une banque à capitaux mixtes. Aucune banque privée à capitaux algériens n’active sur le marché algérien depuis plus de 15 ans.