Les autorités algériennes ne sont pas à l’origine de l’annulation de la visite du grand Rabbin de France

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Haim Korsia Grand Rabbin de France. French interior Ministry, Bernard Cazeneuve, speaks to the press after meeting with religions representants. Paris, FRANCE - 22/12/2015./CHAMUSSY_chamussy022/Credit:CHAMUSSY/SIPA/1512221243

Le grand Rabbin de France, Haïm Korsia, n’a pas été interdit de séjourner en Algérie et n’a pas fait l’objet d’un quelconque refus de fouler le territoire algérien. Plusieurs sources autorisées ont démenti fermement à Algérie Part tout lien entre l’annulation surprise de la visite de Haïm Korsia en Algérie et un supposé brusque changement d’humeur ou d’attitude des autorités algériennes. Jusqu’à la matinée de ce jeudi 25 aout, les services de la Présidence algérienne prévoyaient de recevoir le grand rabbin de France au même titre que tous les autres 89 personnalités composant la délégation française accompagnant Emmanuel Macron en Algérie, a pu confirmer Algérie Part au cours de ses investigations. 

Aucun changement d’agenda ou de programme n’a été imposé par les autorités algériennes, certifient nos sources. Aucune objection n’a été également formulée par Alger à propos de la présence de Haïm Korsia. Ce dernier était le « bienvenu » en Algérie et sa participation à plusieurs activités protocolaires prévues dans le cadre de la visite d’Emmanuel Macron en Algérie n’a jamais posé problème aux yeux des autorités algériennes, confient nos sources.

La Présidence algérienne a été informée à la toute dernière minute de l’annulation de la participation de Haïm Korsia au voyage présidentiel d’Emmanuel Macron. Et plusieurs hauts responsables algériens ont exprimé à ce sujet leur « déception » car aucune instance officielle en Algérie ne s’attendait à un tel rebondissement.

A Alger, les sources les mieux introduites au sein du sérail persistent à croire que Haïm Korsia a subi de fortes pressions pour le contraindre à annuler son déplacement en Algérie. Ces pressions auraient été exercées par « des lobbys pro-israéliens hostiles à l’Algérie en raison de ses positions antisionistes », croit savoir une source diplomatique algérienne approchée par Algérie Part.

Il est à signaler que la venue du grand Rabbin de France en Algérie avait suscité ces dernières 48 heures une vive polémique  en Algérie. Certains milieux proches de la mouvance politique des Frères musulmans n’ont pas caché en effet leur animosité à son égard, à l’instar du Mouvement de la société pour la paix (MSP) dont le président a publié le 23 août un texte dénonçant l’amalgame entre politique et religion opéré par la venue de Haïm Korsia aux côtés d’Emmanuel Macron. Une partie de l’islam politique algérien considère le grand rabbin de France comme un relais du «sionisme» et lui reproche son hostilité à la cause palestinienne.

De son côté, Haïm Korsia, se réjouissait de ce retour au pays de ses racines, malgré les critiques et les violentes polémiques provoquées par certains milieux conservateurs et islamistes en Algérie. Mercredi en fin de journée, Haïm Korsia avait confié au quotidien français, l’Opinion, son impatience à l’idée de vivre « un retour à [s]es racines dans une sorte d’émerveillement ». Le lendemain, à savoir jeudi matin, le grand rabbin de France annonce à la surprise générale l’annulation de son voyage en Algérie sans cacher sa « déception » car ce voyage devait être l’occasion pour lui de consolider les liens entre les juifs français d’origine algérienne et le pays dans lequel ils plongent leurs racines.