Les Algériens sont les consommateurs qui consacrent le plus d’argent à l’alimentation dans le Monde Arabe

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C’est une preuve supplémentaire que la cherté de la vie et l’inflation font beaucoup plus de dégâts en Algérie qu’ailleurs. Les Algériennes et Algériens sont les consommateurs qui consacrent le plus d’argent à l’alimentation et la nourriture dans le Monde Arabe, nous apprend une récente étude internationale. Les Algériens sont les consommateurs qui dédient la part la plus grosse de leurs revenus pour acheter des produits alimentaires et de la nourriture. 

Ce constat a été dressé par une récente étude réalisée par le département des « Etudes Economiques » de la célèbre banque française BNP Paribas, considéré comme le 8ᵉ plus important groupe bancaire international, présent dans 65 pays dont l’Algérie depuis 2002. BNP Paribas a rapporté en 2021 un produit net bancaire (PNB), équivalent du chiffre d’affaires pour le secteur, de 46,2 milliards d’euros. Le Département des Etudes Economiques de la BNP Paribas est chargé officiellement  de l’analyse, du suivi et de l’élaboration de prévisions/scénarios sur les évolutions économiques et financières mondiales ainsi que  des études économiques, financières et socio-politiques pour la notation interne des pays et des émetteurs souverains.

Cette étude nous apprend ainsi que les consommateurs algériens consacrent au moins 43 jusqu’à 44 % de leurs salaires ou revenus pour l’alimentation. C’est le seuil de dépense consacré à l’alimentation le plus élevé de tous les pays du Monde Arabe. Au Qatar, même pas 15 % des revenus des consommateurs sont utilisés pour financer l’achat de produits alimentaires. En Arabie Saoudite, le poids de l’alimentation ne dépasse pas les 18 % dans les dépenses de consommation des consommateurs. En Jordanie, les consommateurs dédient 33 % de leurs dépenses à l’alimentation. Ce seuil atteint les 26 % en Tunisie, les 36 % en Egypte et 38 % au Maroc.

En clair, aucun pays arabe n’enregistre un niveau de dépense consacré à l’alimentation aussi élevé que l’Algérie. Cela signifie que l’inflation des produits agricoles ou alimentaire est nettement plus élevée en Algérie par rapport à d’autres pays arabes. Cela peut signifier aussi que les salaires et revenus des Algériennes et Algériens sont parmi les plus faibles du Monde Arabe puisqu’ils suffisent à peine pour couvrir convenablement les besoins alimentaires de base. Cela peut signifier également que l’accès aux produits alimentaires de large consommation est devenu plus problématique et plus cher en Algérie que dans le reste des pays arabes.

A ce sujet, l’étude approfondie menée par le Département des Etudes Economiques de la BNP Paribas a dévoilé que « l’inflation a accéléré significativement en 2021 sous l’effet de plusieurs facteurs dont un épisode de sécheresse, la dépréciation du dinar et la rationalisation des importations ».

« En glissement sur un an, la hausse des prix à la consommation (IPC) a atteint 10% en avril 2022, les produits alimentaires augmentant de 15,3%. La pression restera forte dans les mois à venir compte tenu de la dépendance structurelle de l’économie aux importations, du poids élevé de l’alimentation dans le panier de consommation et du faible niveau de la monnaie nationale », conclut la même source qui s’attend à ce que la cherté de la vie martyrise pendant encore longtemps les consommateurs algériens.