Les Algériens ne gonflent pas leurs comptes courants : les dépôts à vue stagnent toujours en Algérie

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Malgré l’augmentation des cours mondiaux des hydrocarbures et l’amélioration des exportations en devises du pays, les Algériennes et Algériens ont toujours de moins en mois d’argent à mettre dans leur comptes bancaires. Les ménages ni les entreprises ne gonflent leurs comptes bancaires, au contraire les dépôts à vue, autrement dit les liquidités laissées sur les comptes courants, ce qui ne comprend pas les comptes d’épargne ou les dépôts à terme, continuent de stagner en Algérie et leur lente évolution traduit l’immobilisme économique qui paralyse en ce moment l’Algérie.  

En effet, les Algériens ne paraissent pas enthousiastes à placer leur argent dans leur compte courant, à savoir de l’argent placé dans un compte au niveau d’un organisme bancaire et que l’on peut retirer à tout moment, sans qu’il soit soumis à un délai, au contraire du dépôt à terme. Algérie Part a obtenu au cours de ses investigations des chiffres qui confirment cette tendance de stagnation au niveau des dépôts d’argent dans les comptes courants en Algérie.

Un document élaboré par la Banque d’Algérie nous permet de constater que les dépôts à vue ont totalisé en 2019 le montant de 4 313 milliards de Da. Un niveau jugé très faible par plusieurs banquiers approchés par nos soins au regard de la taille d’un pays comme l’Algérie riche en hydrocarbures et autres richesses du sous-sol sans oublier ses nombreux atouts économiques majeurs.

En 2020, la crise sanitaire provoquée par la pandémie de la COVID-19 a fortement impacté le secteur bancaire algérien car les algériennes et algériens ont diminué de façon alarmante leurs placements dans leurs comptes courants. Preuve en est, en octobre 2020, les dépôts à vue ont atteint seulement 3 962,9 milliards de Da. Un mois plus tard, à savoir en novembre 2020, la Banque d’Algérie a enregistré un montant de 4 103,9 milliards de Da de dépôts à vue et 4 159,1 milliards de Da au mois de décembre 2020. L’année 2020 a marqué ainsi un véritable divorce entre les Algériens et leurs banques. En vérité, cette année fut sinistre sur le plan financier et économique et elle a provoqué une chute des revenus des ménages algériens. Ce qui s’est répercuté sur la situation de leurs comptes bancaires.

En 2021, avec l’amélioration des indicateurs sanitaires sur le plan mondial et l’augmentation des prix du pétrole et du gaz naturel, force est de constater que les dépôts à vue ont repris une lente croissance qui ne traduit pas le véritable potentiel de l’Algérie. Les Algériens ont continué d’alimenter leurs comptes bancaires à un rythme amorphe. Preuve en est, en mai 2021, les dépôts à vue au niveau de toutes les banques algériennes ne dépassaient pas les 4 561,1 milliards de Da. Et au mois de septembre 2021, ces dépôts à vue ont augmenté légèrement à 4 874,7 milliards de Da.

Ce qui prouve que l’amélioration des exportations du pays a eu une incidence pratiquement insignifiante sur l’amélioration des revenus des ménages algériens. L’Algérie peine ainsi à offrir de l’aisance et de la prospérité à ses ménages alors que ses richesses en hydrocarbures valent de l’or sur les marchés mondiaux. La stagnation des dépôts à vue dans le pays en est la meilleure illustration.