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mardi, janvier 31, 2023

L’équivalent de 5,6 millions de dollars dépensés par le ministère de la Solidarité Nationale sans aucune traçabilité et en l’absence de justificatifs

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En Algérie, le ministère de la Solidarité Nationale a utilisé dans une totale opacité un budget équivalent à plus de 5,6 millions de dollars pour financer des dépenses au profit des femmes algériennes divorcées et abandonnées par leurs conjoints à leur triste sort. Ces dépenses n’ont pas fait l’objet d’une traçabilité et de nombreux justificatifs ont manqué à l’appel pour identifier réellement l’identité des mères de familles ou femmes divorcées ayant réellement profité de cet argent public. Explications. 

En effet, le ministère algérien de la Solidarité Nationale dispose officiellement d’un fonds appelé le « fonds de la pension alimentaire ». C’est le compte d’affectations spéciales n° 302-142 qui relève officiellement du ministère de la solidarité nationale, de la famille et de la
condition de la femme. Un audit approfondi effectué récemment par la Cour des Comptes, une institution judiciaire supérieure de contrôle a posteriori des finances de l’État, des collectivités locales et des diverses Institutions étatiques, a permis de constater que les dépenses effectuées ont été estimées à 0,769 Mrds de DA, soit l’équivalent de plus de 5,6 millions de dollars, et les recettes à 0,352 Mrds de DA.

Or, de nombreuses lacunes ont été observées dans la gestion de cet argent public car les dépenses n’ont pas cessé d’augmenter de 2016 jusqu’à 2018, mais sans aucun suivi et sans aucune évaluation précise du bien-fondé de ces opérations financières destinées au profit des mères éplorées ou femmes divorcées abandonnées à la précarité.

Ainsi, les dépenses de ce fonds ont augmenté de 17,5 millions de Da en 2016 jusqu’à 77,6 millions de Da en 2017 pour atteindre ensuite les 358 millions de Da en 2018.

Ces dépenses ont été consenties dans des conditions troublantes et opaques car les situations financières n’ont pas été établies par les directions de l’action sociale et de la solidarité de la wilaya (DASS) « en l’absence de documents justificatifs susceptibles de justifier les dépenses, notamment les ordonnances gracieuses, les copies des mandats de paiement, les changements intervenant au sujet », ont précisé à ce sujet les auditeurs de la Cour des Comptes.

Pis encore, même l’identité exacte des femmes bénéficiaires de cet argent n’est pas précisée ou indiquée à maintes reprises dans les bilans des DASS à l’échelle nationale. Les auditeurs n’ont pas pu retrouver  « les renseignements relatifs à l’identité du débiteur, l’adresse et son numéro de compte », indique-t-on dans le même audit. C’est un autre exemple de la dilapidation de l’argent public qui porte un énorme préjudice au fonctionnement des institutions de l’Etat en Algérie.

Soulignons enfin que la gestion des comptes d’affectations spéciales cause énormément problème en Algérie. Ces comptes sont une zone d’ombre de la gestion des budgets publics de l’Etat algérien. Algérie Part a consacré récemment toute une enquête sur ce sujet délicat et sensible qui demeure tabou dans notre pays. 

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