Le Trésor Public s’est endetté à hauteur de l’équivalent de 26,8 milliards de dollars USD pour financer des entreprises étatiques algériennes moribondes

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L’Etat algérien a été contraint de gonfler dangereusement la dette publique pour pouvoir financer et redresser des dizaines, voire des centaines, d’entreprises étatiques moribondes qui ont été rudement ébranlées par la crise financière née dans le sillage de la pandémie de la COVID-19 et ses bouleversements économiques. Le Trésor Public s’est effectivement endetté à hauteur de l’équivalent de 26,8 milliards de dollars USD pour financer le déficit et racheter les dettes de ses entreprises publiques. 

Ce chiffre a été officiellement révélé dans le dernier rapport de la Banque Mondiale consacré à la situation économique en Algérie et publié sous le titre « Renforcer la résilience en période favorable ». Publié le 3 août dernier, ce rapport nous apprend que les autorités algériennes ont pu, certes, procéder à la résorption du solde global du Trésor Public grâce aux émissions obligatoires domestiques. Mais cette démarche a été accompagnée par le déblocage d’un important financement accordé au profit des entreprises étatiques fortement touchées par les conséquences financières de la pandémie de la COVID-19. Et ces financements ont été obtenus par le biais d’une nouvelle aggravation du taux de la dette publique dans le pays.

« Le solde global du Trésor s’est largement résorbé en 2021 et a pu être financé via les émissions obligataires domestiques. Porté par le sursaut des recettes d’hydrocarbures, et l’absence d’une reprise marquée des dépenses, le solde global du Trésor est passé d’un déficit de 12% du PIB en 2020 à un déficit autour de 7,2% du PIB pour 2021 », a expliqué ainsi le dernier rapport de la Banque Mondiale qui est revenu sur les tenants et aboutissants de la mise en œuvre « du programme de rachat de créances des entreprises
publiques économiques (EPE) ».  Ce programme « a cependant constitué la majeure partie d’une hausse de DZD 3.900 milliards ($26,8 milliards) de l’endettement du Trésor auprès des banques en 2021, permettant de financer le rachat des dettes aux banques, de financer le déficit global du Trésor, et d’augmenter l’épargne publique », a décrypté encore le même document lequel ne manque pas de préciser que « la dette publique est passé de
50,7% du PIB fin-2020, à une estimation de 63% du PIB fin-2021 » en Algérie.

Il faut savoir enfin que la dette dette publique est un frein dangereuse pour la croissance économique du pays car l’Etat algérien demeure prisonnier d’une spirale infernale en épuisant son épargne et ses économies dans ses manoeuvres sempiternelles de combler le déficit budgétaire au lieu de consacrer cet argent à des programmes d’investissements et d’équipements qui pourront stimuler la création de richesses et d’emplois. En clair, l’argent consacré annuellement pour combler le déficit budgétaire de l’Etat algérien aurait pu permettre au pays de financer des programmes de développement dont l’économie a cruellement besoin.

Contrairement aux pays développés, le Trésor Public en Algérie ne s’endette pas pour financer son développement, une production industrielle, une croissance économique forte ou des créations de richesses qui améliorent le niveau de vie de la population algérienne. L’Etat algérien s’endette uniquement pour garantir la survie du système de gouvernance en lui permettant de payer les salaires des fonctionnaires, renflouer sempiternellement les caisses des entreprises étatiques qui n’ont absolument aucune rentabilité et de s’assurer d’une certaine paix sociale et de faire fonctionner la bureaucratie algérienne.