Le procureur Sid Ahmed Merrad, l’homme qui avait orchestré l’emprisonnement des détenus du Hiraj

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    Alger et ses environs est la région qui abrite le plus grand nombre de détenus du Hirak placés en détention à la prison d’El-Harrach. Et derrière ces décisions arbitraires d’emprisonnement, nous retrouvons toujours le seul et même homme :  Sid Ahmed Merrad, le Procureur général près la Cour d’Alger. C’est, en effet, ce puissant haut responsable de la justice au niveau de l’instance juridictionnelle qui dirige les affaires juridiques de tout le secteur de la capitale Alger qui a orchestré tout le processus de l’enfermement des détenus du Hirak jugés et traduits devant divers tribunaux algérois notamment le tribunal de Sidi M’hamed (Abane Ramdane), celui de Bir Mourad Rais ou de Bab El-Oued, a-t-on appris à la suite de nos investigations. 

    Désigné dans ses nouvelles fonctions depuis la août, Sid Ahmed Merrad est le principal maillon de la chaîne déployée par le ministère de la Justice pour instrumentaliser les tribunaux dans le but de casser le Hirak, à savoir le mouvement populaire algérien du 22 février. Le procureur Sid Ahmed Merrad était chargé et instruit par le ministère de la Justice d’exercer toutes les pressions possibles et imaginables sur les magistrats devant lesquels étaient traduits les détenus du Hirak. Le procureur Sid Ahmed Merrad communiquait toujours le même ordre à ces juges en charge des dossiers des manifestants pacifiques interpellés par les services de sécurité en marge des manifestations populaires du vendredi : les placer tous sous mandat de dépôt à la prison d’El-Harrach !

    Les juges qui voulaient tenir tête à Sid Ahmed Merrad ont tous fini « au placard », à savoir écartés de leurs fonctions ou menacés de se retrouver sur une liste noire « de magistrats indésirables » qui ferait bientôt les frais des mesures disciplinaires du ministère de la Justice.

    Sid Ahmed Merrad n’a donc ménagé aucun effort, a-t-on confirmé au cours de nos investigations, pour peser de tout son poids afin d’influencer les juges et les magistrats des tribunaux algérois dans le but de les contraindre à « punir » de manière exemplaire les manifestants du Hirak, à savoir les placer tous en détention préventive. Le procureur Sid Ahmed Merrad s’est même constitué un groupe de « juges » qui lui vouent une allégeance absolue et acceptent toutes les instructions qui leur sont communiquées. Comme par hasard, ces juges-là ont été tous en charge des dossiers des détenus du Hirak. Et ces juges ont tous bénéficié des nouvelles promotions adoptées lors du mouvement annuel opéré dans le corps de la justice.

    Il faut savoir enfin que Sid Ahmed Merrad, le Procureur général près la Cour d’Alger,  est l’un des piliers du système judiciaire algérien. Il a rejoint le corps de la magistrature en 1995 et occupé plusieurs fonctions judiciaires et postes de responsabilité administratifs au niveau de l’administration centrale du ministère de la Justice. Après avoir été juge au tribunal de Berrouaghia et juge d’instruction près les tribunaux de Médéa, El Harrach et Arzew, il a occupé le poste de procureur de la République près le tribunal d’Arzew (Cour d’Oran) pour rejoindre ensuite les services centraux du ministère de la Justice où il a assumé le poste de sous directeur de la justice pénale spécialisée. Il a été, par la suite, promu au poste de directeur des affaires pénales et des grâces.