Le nouveau contrat entre Sonatrach, l’italien ENI, l’américain Occidental et le français Total : la monumentale erreur de Tebboune

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Le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, s’est lourdement trompé le 18 juillet dernier en annonçant lors d’un sommet avec le Premier ministre italien, Mario Draghi, que le nouveau contrat conclu entre Sonatrach, ENI, Occidental Petroleum et Total « permettra de fournir l’Italie en quantités importantes de gaz ». Cette annonce est effectivement infondée car ce contrat porte sur des projets pétroliers et non pas gaziers. Ils ne concernent donc nullement le nouveau approvisionnement en gaz naturel promis par l’Algérie à l’Italie. 

Ce contrat d’une durée de 25 ans porte sur l’exploitation des gisements pétroliers du bassin de Berkine. Ce dernier se situe dans la partie Nord-Est de la Plate-forme Saharienne. Avec une superficie de 102 395 km2. Il est limité à l’Ouest par les axes structuraux de Rhourde Nouss et au Sud par le vieux môle d’Ahara-El Ouar, d’orientation Est-Ouest.

Le bassin de Berkine est le bassin géologique le plus exploré au cours des trois dernières décennies et celui qui a révélé les plus grandes découvertes de pétrole depuis Hassi Messaoud en 1956. Selon plusieurs expertises géologiques, ce bassin regroupe des réserves d’environ 6 milliards de barils équivalent pétrole, soit près de 11% des réserves totales de l’Algérie. Il regroupe en ce moment  40 à 45 périmètres d’exploitation et une quinzaine de périmètres de recherche en majorité en partenariat entre la Compagnie Nationale SONATRACH et des Compagnies pétrolières étrangères telles que ENI, OXXY, TOTAL, CEPSA, et autres. La majorité écrasante des sites de production érigés au niveau du bassin de Berkine sont, d’abord et avant tout, des sites pétroliers et non gaziers à l’image du gisement El Merk, deuxième plus important gisement de pétrole en Algérie.

Le gisement d’exploitation d’El Merk comprend 80 puits, dont 30 pour la production du pétrole et 8 pour l’extraction du gaz. Le coût du développement de ce gisement a coûté environ 4 milliards de dollars. Il regroupe le développement en synergie de quatre champs du gisement El Merk, El Khit Timissa, El Merk Nord et El Merk Est. C’est au niveau de cet important gisement que Sonatrach et ses partenaires étrangers ont décidé de reconduire leur association pour continuer de l’exploiter pendant encore 25 nouvelles années.

Il s’agit donc de projets essentiellement pétroliers qui ne peuvent pas permettre à l’Algérie de fournir davantage de volumes de gaz naturel à l’Italie comme il a été affirmé par Abdelmadjid Tebboune. Concernant le gaz naturel, il convient de signaler que les gisements de Hassi-R’mel et Rhourde Ennouss produisent plus de 70 % de la production nationale (Hassi-R’mel 55% et Rhourde-Ennous 17%). C’est au niveau de ces deux importants gisements que l’Algérie déploie de nouvelles démarches pour extraire davantage de gaz naturel afin de le vendre à son plus gros client étranger : l’Italie. Mais à quel prix ? En usant de procédés très dangereux et préjudiciables à l’encontre de la survie de ces deux principaux gisements de gaz naturel comme il a été bien expliqué et détaillé par les récentes révélations d’Algérie Part.