Le nombre maximal de lits dédiés à l’infection Covid-19 en Algérie ne dépasse pas les 18 957 lits

0
1167

Dieu merci, l’épidémie de la COVID-19 en Algérie tourne au ralenti et ne connaît pas particulièrement une forte activité comme c’est le cas dans plusieurs pays du pourtour méditerranéen. Si l’Algérie subissait les « assauts » effrayants de la pandémie comme dans la plupart des pays européens, elle ne pourra jamais y faire face à cause de la faiblesse criante de sa capacité d’hospitaliser des patients infectés par les symptômes les plus sévères de la COVID-19. 

En effet, dans toute l’Algérie, le nombre maximal de lits dédiés à l’infection Covid-19 est de 18 957 lits, nous apprend ainsi le dernier rapport scientifique de l’Institut National de la Santé Publique (INSP), un organisme scientifique relevant officiellement du ministère de la Santé et chargé de mener sur le terrain des enquêtes épidémiologiques pour cerner l’évolution des diverses maladies dangereuses au sein de la population algérienne.

L’INSP nous fournit des chiffres précieux pour comprendre la fragilité de notre système sanitaire face à la menace dangereuse de l’épidémie de la COVID-19. Le dernier rapport de l’INSP nous explique que le nombre de lits d’hospitalisation a évolué certes doucement, mais sûrement en fonction au cours du temps. Mais il est demeuré largement insuffisant pour prendre en charge tous les cas graves de COVID-19. C’est ce qui a créé de fortes tensions suscitant une panique générale dans les hôpitaux du pays lors des pics épidémiques de juillet et août ou novembre et décembre 2020.

Ainsi, durant le mois d’octobre 2020, le nombre de lits en médecine a varié respectivement entre 15 440 et 16 189 lits. La même nous apprend qu’à partir du 01 novembre 2020, ce nombre va progressivement augmenter pour faire face au deuxième épisode épidémique
majeur survenu en novembre et décembre 2020. Ainsi, à partir de ce mois, ce nombre se situe au-dessus de 18 000 lits. Le nombre maximal de lits dédiés à l’infection Covid-19 est seulement  de 18 957 lits sur tout le territoire algérien. Entre le 31 octobre et le mois de
novembre, environ 3000 lits supplémentaires ont été mobilisés par les autorités sanitaires algériennes.

Dans sa description, l’INSP ne précise nullement si ces lits médicaux sont outillés de tous les équipements nécessaires, comme les sources d’oxygène médical, pour accueillir des cas urgents souffrant, par exemple, de détresse respiratoire. Nous n’avons donc aucune donnée fiable si ces lits sont vraiment équipés d’appareils médicaux modernes pour être utilisés dans les services de soins intensifs ou de réanimation. Les chiffres de l’INSP restent totalement sombres à ce sujet.

Au Maroc, les autorités sanitaires avaient indiqué ouvertement que le pays disposait au mois de novembre 2020 d’à peine  2.676 lits de soins intensifs ou réanimation alors que le nombre de tous les lits médicaux dédiés à la COVID-19 ne dépasse pas les 15 mille lits. En Tunisie, fin octobre 2020, les autorités sanitaires ont reconnu que le nombre de lits de réanimation était d’à peine de 195 et un plan d’action a été dévoilé pour les augmenter jusqu’à à 420 à la fin 2020. Début février 2021, la Tunisie a annoncé l’aménagement de 350 lits de réanimation.

L’Algérie comme les autres pays du Maghreb a donc un système de santé totalement inadapté face à la menace de l’épidémie de la COVID-19. Sauf qu’en Algérie, l’accès à des données fiables et chiffrées demeurent encore impossible. Ce qui permet d’évaluer très difficilement les capacités réelles du système de santé algérien.

Pour l’heure, les hôpitaux algériens respirent après la décrue de l’épidémie observée depuis le début du mois de janvier 2021. Le taux d’occupation des lits d’hôpitaux est pour le moment loin d’être alarmant. Jusqu’au 22 février dernier, seulement six wilayas ont un taux d’occupation des lits supérieur à 20 %, nous apprend encore l’INSP dans son dernier rapport sur la situation épidémiologique. Ce sont par ordre décroissant El Oued (39,0 %), Tlemcen (29,3 %), Ouargla (28,5 %), Oran (23,7 %), Blida (22,2 %) et Guelma
(20,0 %).

Cependant,  neuf autres wilayas observent une augmentation du taux hebdomadaire moyen d’occupation des lits. Il y a même une wilaya qui commence à inquiéter les médecins algériens. Il s’agit d’El Oued qui a vu  le taux d’occupation des lits croître régulièrement depuis trois semaines puisque celui-ci est passé de 24,3 % à 31,4 puis 44,0 au cours des sept derniers jours.