Le journaliste Ahmed Benattia fuit clandestinement l’Algérie et demande le refuge politique en France

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Le jeune journaliste algérien Ahmed Benattia a fui clandestinement son pays à bord d’une embarcation de fortune en compagnie de plusieurs autres harragas pour se réfugier ensuite en France, a pu confirmer Algérie Part auprès de ce jeune journaliste âgé de 34 ans. Le 24 juillet dernier, Ahmed Benattia a emprunté un bateau semi-rigide hors-bord en compagnie de 8 autres harragas pour rallier les côtes maritimes franco-espagnoles depuis la côte de Ténès dans la wilaya de Chlef. 

Dés son arrivée sur le territoire français le 25 juillet dernier, Ahmed Benattia entame les démarches d’une demande d’asile politique auprès de L’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA). Ahmed Benattia affirme dans son témoignage recueilli par Algérie Part qu’il a été contraint de fuir l’Algérie pour préserver sa sécurité et son intégrité physique.

Originaire de la wilaya d’Oran, Ahmed Benattia affirme avoir été victime d’une tentative d’assassinat le 24 février 2022 à Misserghin. Deux jeunes individus ont agressé sauvagement et brutalement le jeune journaliste algérien dans le but d’attenter à sa vie. Ahmed Benattia assure qu’il avait saisi les services de sécurité et les autorités judicaires, en vain puisqu’il n’a trouvé aucune oreille attentive à ces plaintes et doléances.

Fondateur du site d’information en langue arabe, Alrainews, Ahmed Benattia a été emprisonné le  17 août 2020 par le tribunal de Gdyel, une localité de la wilaya d’Oran. A l’époque, il avait été accusé de « tentative de chantage et association de malfaiteurs », le chef d’inculpation traditionnel employé par la justice algérienne pour salir, discréditer et emprisonner des activistes politiques ou des journalistes qui dérangent.

En réalité, Ahmed Benattia s’est retrouvé en prison parce qu’il avait osé s’attaquer à un sujet tabou à Gdeyl : le trafic et la contrebande de la chemma. Un réseau mafieux dont les membres sont originaires de Sétif dispose d’une usine clandestine de fabrication de « Chemma » où le tabac à chiquer. Ce réseau mafieux écoulait des quantités considérables de « chemma » dans le marché national de l’oranie engrangeant ainsi des bénéfices monstrueux qui échappent au contrôle des services du fisc algérien.

Une année plus tard, à savoir au mois d’août 2021, Ahmed Benattia est remis en liberté, mais le jeune journaliste algérien garde des séquelles indélébiles de son séjour carcéral. Et pour cause, Ahmed Benattia a révélé qu’il avait été violenté par deux officiers de la Direction Générale de la Sécurité Intérieure (DGSI), les services de secrets algériens, qui l’avaient soumis à un rude interrogatoire à propos de ses relations supposées avec des opposants algériens établis à l’étranger.

Traumatisé par ce parcours douloureux, Ahmed Benattia a décidé ainsi de tenter la « harga » pour chercher la liberté et la dignité sous des cieux plus cléments. Le jeune journaliste algérien rejoint ainsi la longue liste des exilés politiques algériens qui ont été « chassés » de leur propre pays par les dérives d’un autoritarisme absolutiste qui s’est emparé de l’Algérie depuis 2019.