Le Gouverneur de la Banque d’Algérie limogé par Tebboune dans des circonstances troublantes

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Le Gouverneur de la Banque d’Algérie, Rosthom Fadhli, a été limogé aujourd’hui lundi 23 mai par la Présidence de la République, annonce un communiqué officiel du Palais Présidentiel d’El-Mouradia. Cette décision est surprenante à bien des égards car elle intervient dans un contexte houleux marqué par des déchirements au sein du régime algérien concernant la nouvelle politique économique qu’il faut adopter en toute urgence pour permettre au pays de résiste aux effets de l’actuelle crise financière  étouffant le pays. 

Ce limogeage intervient également au moment où la Présidence algérienne travaille sur le projet d’un vaste remaniement ministériel visant à changer de gouvernement pour nommer de nouveaux dirigeants capables de relancer la machine économique totalement grippée en Algérie. Rosthom Fadhli a été remplacé par le secrétaire du Conseil de la monnaie et du crédit (CMC), Salah Eddine Taleb. Il s’agit de l’un des cadres les plus importants et influents de la Banque Centrale Algérienne.

Selon nos informations, le limogeage de Rosthom Fadhli est directement lié à la polémique concernant les blocages dressés par les banques algériennes contre les financements demandés par les entreprises algériennes pour relancer leurs activités et assurer leur survie dans un contexte de crise financière et économique aiguë.

Les investisseurs algériens avaient multiplié les plaintes, les réclamations et les appels pour exiger des déblocages au niveau des banques qui leur refusent d’accéder à des crédits bancaires d’investissement.  Au début du mois de mars dernier, la Banque d’Algérie était accusée d’avoir instruit les banques nationales ou étrangères établies dans le pays d’imposer l’obligation de présenter des garanties strictes et sévères aux investisseurs demandeurs de nouvelles lignes de crédit.

Une accusation qui avait été démentie catégoriquement par la Banque centrale par, justement, le biais de Salah Eddine Taleb. Ce dernier avait assuré que « la Banque centrale n’a pas envoyé de missives aux banques pour leur demander d’exiger des garanties. C’est la banque qui est responsable du risque auquel elle est exposée ».

De son côté, le gouverneur de la Banque d’Algérie, Rostom Fadil, s’était également exprimé dans une déclaration publique au mois de mars dernier en regrettant l’attitude contre-productive des banques algériennes. « Ce sont les banques qui sont réticentes à donner des crédits », avait-il déploré. Une manière de jeter la balle dans le camp des banques concernant les lenteurs dans l’octroi des crédits. Visiblement, cette manière de gérer ce délicat dossier des financements dont a cruellement besoin l’économie nationale a fortement déplu à la Présidence algérienne laquelle a fini par sacrifier Rostom Fadil pour calmer la colère des chefs d’entreprise. Mais est-ce pour autant une solution aux problèmes qui les martyrisent au quotidien ? Malheureusement non, loin s’en faut.