Le drame de Béjaia relance le débat sur les conditions de détention dans les prisons algériennes

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Huit personnes, un prisonnier et sept gardiens, sont mortes par asphyxie dans une fosse sceptique se trouvant à l’intérieur de la prison d’Oued Ghir (à 10 km à l’oued du chef lieu de la wilaya de Bejaïa) à l’extrémité de la structure.  Les corps, sans vie, des victimes ont été acheminées à la morgue du CHU de Bejaïa. Ce drame a provoqué une onde de choc sur l’ensemble du territoire national. Il relance plus que jamais le débat sur les conditions de vie et de détention au sein des prisons algériennes.

Une délégation de trois ministres a été dépêchée mercredi après midi à Bejaia à la suite de cet accident tragique et horrible. La délégation, composée des ministres de l’Intérieur , des Collectivités locales et de l’Aménagement du Territoire, Karim Beldjoud, de la Justice et Garde des Sceaux, Belkacem Zaghmati, et des Ressources en eau, Mustapha Kamel Mihoubi, a été dépêchée en vue de s’enquérir de la situation, à la suite de l’accident.

A ce propos,  Belkacem Zaghmati, le ministre de la Justice, a rapidement tenté d’étouffer le scandale en affirmant que les circonstances de cet accident seront déterminées suite à une enquête préliminaire. Mais les circonstances, nous les connaissances d’ores et déjà.  Selon le directeur local de la Protection civile, Fedi nourredine, les huit victimes étaient mortes par asphyxie suite aux émanations de sulfure d’hydrogène, considéré comme gaz toxique, ajoutant que les agents de la protection civile ont d’abord nettoyé la fosse puis retiré les dépouilles des victimes.

Plusieurs sources locales ont fait savoir également que ce drame s’est produit lorsqu’un détenu est descendu dans la fosse septique, adossée au mur de la prison, pour la nettoyer. Le malheureux détenu meurt rapidement des suites d’émanations de gaz mortel qui se dégageaient de la fosse. Un gardien de prison est venu lui porter secours. Il meurt à son tour. Puis, un deuxième gardien venu au secours trouve le même sort trafique. Un troisième, un quatrième, un cinquième, un sixième et puis un septième gardien, tous venus au secours de leurs collègues, mais décèdent tragiquement à leur tour asphyxiés. Au final, ce drame a provoqué une véritable hécatombe au coeur de la prison d’Oued Ghir.

Ce drame est, certes, un accident. Mais personne ne peut occulter, et Belkacem Zeghmati en premier, qu’il soit lié directement la gestion chaotique des prisons algériennes. Depuis de nombreuses années, les prisons algériennes souffrent d’un état de délabrement inquiétant. Des établissement mal-gérés, surpeuplés et encadrés par des agents de l’administration pénitentiaire privés de nombreux moyens indispensables à l’exercice de leurs fonctions dans un univers difficile.

Rappelons que l’ancien Directeur général par intérim de l’administration pénitentiaire et de la réinsertion, Bourbala Fayçal a été relevé récemment de ses fonctions. Selon nos sources, ce patron de toutes les prisons algériennes a été également placé sous enquête pour de nombreux faits susceptibles d’aboutir à des scandales de dilapidations de deniers publics, a-t-on encore pu confirmer au de nos investigations.

Bourbala Faycal a fait les frais de sa très mauvaise gestion du secteur pénitentiaire où les conditions de vie des détenus algériens et les conditions de travail des agents de l’administration pénitentiaire n’ont pas cessé de se dégrader depuis son arrivée à son poste au début du mois de décembre 2019 lorsqu’il a succédé à Mokhtar Felioune.

Bourbala Faycal a été installé par le ministre de la Justice Belkacem Zeghmati dont il est réputé être l’un de ses plus proches et fidèles lieutenants. Mais Zeghmati ne pouvait pas continuer de protéger Bourbala Faycal à la suite de plusieurs scandales de mauvaise gestion des prisons algériennes où des voix ont commencé à s’élever pour protester contre son inefficacité et l’impact préjudiciable de ses très mauvaises décisions.

Algérie Part avait fait de nombreuses révélations sur le malaise qui règne depuis plusieurs mois au sein des prisons algériennes. Nous avons été le seul média algérien ayant révélé que l’enquête d’habilitation diligentée par les services de sécurité sur ce haut responsable a abouti à un rapport accablant et a conclu par “un avis défavorable”. C’est pour cette raison qu’il n’a jamais pu être permanisé officiellement dans ses fonctions. Les services de sécurité ont relevé l’implication de Bourbala Faycal dans de nombreuses affaires scabreuses et plusieurs membres de sa famille ont été également épinglés par les rapports des services de sécurité pour leur passé peu glorieux.

La gestion de Faycal Bourbala avait aussi suscité un véritable mécontentement notamment depuis le période de crise sanitaire de l’épidémie du COVID-19 où le personnel pénitentiaire a manqué cruellement de moyens pour se protéger et empêcher la propagation de l’épidémie dans le milieu carcéral. Les directeurs de plusieurs importantes prisons à travers le pays ont demandé rapidement la mise en place d’un dispositif sanitaire sérieux permettant d’offrir de véritables moyens de protection aux 26 mille gardiens de prison et personnel de l’administration pénitentiaire. Ces derniers ont fait face à une impressionnante vague de contaminations au COVID-19 dans le milieu carcéral. Et les prises en charge médicales ont fait entièrement défaut obligeant ainsi les établissements pénitentiaires de programmer l’évacuation des détenus contaminés jusqu’aux hôpitaux environnants prenant ainsi des risques sécuritaires et sanitaires encore plus graves.

Jusqu’à aujourd’hui, aucune solution n’a été dégagée pour gérer la surpopulation carcérale. Prenons le cas de la la prison d’El-Harrach, la plus célèbre des prisons du pays, qui accueillent plus de 3300 détenus alors que sa capacité maximale est de 2500 détenus. Les cliniques et infirmeries des prisons algériennes sont sous-équipées et ne permettent pas d’assurer un suivi médical au profit des détenus les plus fragiles. Elles ne peuvent ni faire des prélèvements ni faire des tests de dépistage alors que la pandémie de la COVID-19 demeure toujours une menace sérieuse contre la Santé Publique. Mêmes les masques de protection ont été longtemps indisponibles pour l’ensemble du personnel pénitentiaire. C’est dire enfin les prisons algériennes sont une véritable bombe sanitaire à retardement…

 

6 COMMENTS

  1. En quoi cet accident » Malheureux et horrible » remet en question toute l’administration et sa politique responsable du suivi des batiments dedies aux incarceres.
    Problemes geologiques????
    Problemes du mal suivi du vieux batit????
    Etc….
    Maintenant nous avons un baloul = Mahboul
    dit….
    Oh misère, de quoi avons-nous hérité pour en arriver là ? Honte à vous messieurs, vous ne méritez pas ce pays..
    Reponse!!!!
    De qoui tu parles????
    As tu compris l’article????
    Honte a toi, qui sans cesse par jalousie, tu nous balance tes connerie et ta haine….
    ————-///////////——–
    Quant a l’autre qui parle du systeme carceral…
    Semble-il discutable!!!!!?????
    D’ici quelques annees ????.
    Mais Quoi alors???

    Tu fais partie de AP qui essaie d’alimenter la polemique entre freres et soeurs pour attiser la haine afin d’obtenir le vomis de la Haine.
    Cela fontionne chez AP mais pas pour nous en tant qu’Algeriens et fiers de l’Etre…

    Conclusion…
    Cet Article est a mettre dans les anales de « Shittttt »
    Desole pour ceux qui se sentent offences par mes mots…

  2. Cette prison construite par des Chinois a la place ou le nouveau stade de Bejaia aurait du prendre place. C’est une immense prison construite en pleine centre de la ville martyr de Oued Ghir , une petite ville qui n’en voulait pas. Au grand damn de population ! La Kabylie n’as pas besoin de prison de cette magnitude ; pendant qu’ils construisent des usines ailleurs, en Kabylie on a droit a des prisons. Meme le Stade de Tizi, a ete abondonne apres avoir coule plus de 300 millions d’Euros dont la moitie a ete vole par les decideurs.

  3. Tiens l’imam vol au dessus d’un nid de coucou est de retour, ils t’ont laisser sortir de ton asile psychiatrique? tu trouve normale qu’un prisonnier descend au fond d’une fosse septique pour la nettoyer ya l’imam PMU ? Tu vois ce genre d’endroit devrait être réserver aux individus de ton espèces et a toutes les enzymes mangeuses de merde des dirigeants et
    généraux, qui font que des endroit comme celui ci existent encore en 2021.

  4. C’est tout l’encadrement se cette prison qui doit être emprisonné. On voit déjà le scénario. On a forcé le pauvre prisonnier à faire un sale boulot pour lequel il n’est pas dédié. Il devait être dans sa cellule et non affecté à des travaux réservé à des spécialistes payés pour ça. C’est la preuve des abus qu’on veut nous cacher à travers les pseudos commissions d’enquête. Et ces abus sont légions dans nos prisons comme dans simples interrogatoires là où tout le monde sait.