Le double choc économique de 2020 a fait reculer l’Algérie de 6 ans en arrière

0
124

Les conséquences du double choc économique provoqué en 2020 par l’effondrement des prix du baril du pétrole et les effets néfastes de la pandémie de la COVID-19 ont fait reculer l’Algérie 6 ans en arrière. C’est ce que nous apprend une évaluation approfondie réalisée par une récente étude réalisée par le département des « Etudes Economiques » de la célèbre banque française BNP Paribas, considéré comme le 8ᵉ plus important groupe bancaire international, présent dans 65 pays dont l’Algérie depuis 2002. BNP Paribas a rapporté en 2021 un produit net bancaire (PNB), équivalent du chiffre d’affaires pour le secteur, de 46,2 milliards d’euros. 

« L’économie algérienne était déjà fragilisée lorsque le double choc de la pandémie et du retournement brutal des cours du pétrole a éclaté. En raison de l’atonie de l’activité entre 2017 et 2019, le PIB réel par habitant, exprimé en parité de pouvoir d’achat, était revenu à son niveau de 2014 », a constaté ainsi cette étude qui scrute les évolutions de l’économie algérienne depuis le début de l’année 2022.

Il faut savoir que le PIB par habitant fait l’objet d’une inquiétante régression en Algérie. Une régression qui s’est nettement aggravée depuis 2020. Le PIB par habitant est un indicateur économique qui permet de comparer les niveaux de richesse créée par différents pays, car il calcule le rapport entre la valeur de la production finale d’un pays et la population de ce dernier sur une période définie. En clair, le PIB par habitant consiste en le PIB, à savoir toute la richesse créée annuellement, d’un pays divisé par son nombre d’habitant. Très apprécié des économistes, il donne un indicateur complémentaire du niveau de développement d’un pays.

Malheureusement, en 2020, le PIB par habitant en Algérie a chuté terriblement en atteignant à peine 3310 dollars américains annuels. Par rapport à 2019, le PIB par habitant en Algérie a chuté de plus de 7,2 %. C’est dire que l’impact de la crise sanitaire de la pandémie COVID-19 a été terrible pour les équilibres économiques et financiers de l’Algérie.

Cependant, il convient de souligner que le recul du PIB par habitant en Algérie date de bien avant la pandémie de la COVID-19. En effet, en 2019, il avait déjà reculé de plus de 1,1 % et en 2018 de 0,8 %. Et même en 2017, le PIB par habitant en Algérie avait aussi régressé de 0,75 %. En 2018, le PIB par habitant en Algérie était de l’ordre de 4153 dollars US. Il n’a pas cessé de chuter depuis 2019 pour descendre au dessous de 4000 dollars US par habitant.

Ces données témoignent d’un appauvrissement accéléré de la population algérienne et d’une détérioration continuelle de l’économie algérienne. L’étude du Département des Etudes Economiques de la BNP Paribas a expliqué également que l’Algérie peine à surmonter l’impact dévastateur de ce double choc économique qui s’est produit en 2020.

« Depuis 2021, la reprise a été partielle car essentiellement tirée par le secteur des hydrocarbures (+10,3%). Hors hydrocarbures, la croissance n’a atteint que 2,4% après avoir chuté de 3,9% en 2020. Selon le FMI, le taux de chômage était de 13,4% en 2021, en baisse par rapport au pic de 14,7% atteint en 2020 mais il reste supérieur de deux
points à son niveau de 2019 », fait remarquer cette étude pour souligner les performances modestes de l’économie algérienne depuis le recul progressif de la pandémie de la COVID-19 dans le monde.

« Dans un contexte de fortes tensions sur les prix la situation dégradée sur le marché du travail va nécessairement peser sur la consommation des ménages (45% du PIB en 2021) », avertit cette étude de la BNP Paribas qui signale enfin dans son diagnostic une « pression forte » sur le pouvoir d’achat des Algériennes et Algériens compte tenu de la dépendance structurelle de l’économie aux importations, du poids élevé de l’alimentation dans
le panier de consommation et du faible niveau du dinar algérien.