Le CV bien fourni du général-major Djamel Lakehal Medjdoub, le nouveau patron du renseignement extérieur algérien

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Le général-major Djamel Kehal Medjdoub est devenu officiellement ce mardi 14 mai le nouveau patron du renseignement extérieur algérien en succession au controversé Général-Major Noureddine Mokri, alias Mahfoud, qui a été relevé de ses fonctions dans le sillage de plusieurs scandales ayant ébranlé fortement la Direction de la Documentation et de la Sécurité Extérieure (DGDSE), l’une des principales branches des services secrets algériens. 

La nomination de Djamel Kehal Medjdoub signe le retour en force d’un général-major au CV bien fourni, au parcours prestigieux et aux compétences avérées dans la maîtrise des enjeux sécuritaires internationaux. Le nouveau patron de la DDSE a commencé sa carrière à la fin des années 60 avec une formation de haut rang en Russie au sein d’une école du KGB, le célèbre service de renseignement de l’ex-Union Soviétique. De 1972 jusqu’à 1973, Djamel Kehal Medjdoub se forme à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, l’une des plus prestigieuses écoles de guerre en Occident. Grâce à ces formations d’élite, Djamel Kehal Medjdoub est rapidement propulsé sur les devants de la scène du renseignement extérieur en dirigeant le bureau de sécurité de l’ambassade d’Algérie à Téhéran en Iran au début des années 80. Il restera dans ce poste pendant au moins 4 ans et il deviendra grâce à ses activités en Iran l’un des plus importants connaisseurs de l’internationale islamiste et de ses ramifications mondiales.

Après Téhéran, Djamel Kehal Medjdoub a été détaché au Liban alors que ce pays était ravagé par une terrifiante guerre civile. Au cours des années 80, il s’occupera aussi du bureau de Sécurité de l’Ambassade d’Algérie à Damas et en 1989, il avait été nommé à la tête de la même structure du renseignement extérieur algérien à Sanaa au Yémen. En 1991, Djamel Kehal Medjdoub est nommé à la tête du bureau de sécurité de la DDSE à Paris et à partir de 1994, il est promu attaché militaire au niveau de l’ambassade d’Algérie en France.

En 1996, Djamel Kehal Medjdoub est rappelé à Alger pour diriger la célèbre école des services secrets algériens à Beni Messous. Il s’agit de l’un des postes les plus influents de l’institution militaire algérienne.

Quelques années, Djamel Kehal Medjdoub, plus précisément en 2001, revient une nouvelle fois à Paris pour redevenir Attaché Militaire de l’ambassade d’Algérie en France. En 2005, il revient pour toujours à Alger afin de diriger La direction générale de la Sécurité et de la Protection présidentielle (DGSPP), une unité de protection rapprochée, rattachée administrativement à la Garde républicaine algérienne et chargée de la protection personnelle et immédiate du président de la République algérienne et de sa famille.

En 2007, il est promu général et à partir de 2010, il accède au grade de général-major.  Après avoir été longtemps un personnage très discret et secret, les Algériennes et Algériens découvrent Djamel Kehal Medjdoub en 2015 à la suite d’un sombre épisode qui avait suscité un scandale inédit dans l’histoire contemporaine de l’Algérie.

Ce scandale concerne l’incroyable l’affaire dite de Zeralda. Dans la nuit du 16 au 17 juillet, vers 4 heures du matin, des hommes ont tenté de s’introduire dans la résidence médicalisée du président Abdelaziz Bouteflika sur le littoral ouest d’Alger. Ils se sont repliés suite aux coups de feu de la garde présidentielle. Des rumeurs massivement propagées affirmaient que le président Abdelaziz Bouteflika avait échappé miraculeusement à une tentative d’assassinat. Cet incident a été suivi par des sanctions lourdes dans les rangs de la Garde républicaine, dirigée par le général-major Ahmed Mouley Melliani, et de la Direction générale de la sécurité et de la protection présidentielle (DGSPP), qui relève du général Djamel Kehal Medjdoub. Les deux généraux ont été limogés, mais seul Medjdoub a été traduit en justice.

En effet, le général-major Djamel Kehal Medjdoub a écopé de 3 ans de prison prononcé par le tribunal militaire de Constantine en décembre 2015. L’homme n’a pas été incarcéré et il a fait appel pour pouvoir jouir encore de sa liberté. A l’origine cette extravagante affaire, il s’avère qu’un sinistre règlement de comptes avait été orchestré pour se venger contre des généraux et officiers supérieurs proches du général Toufik, l’ancien emblématique ancien patron du DRS que le clan Bouteflika voulait neutraliser en raison de son opposition à un 4e mandat successif d’Abdelaziz Bouteflika. Algérie Part avait fait auparavant des révélations documentées et détaillées sur les dessous de cet incroyable épisode longtemps demeuré un scandale d’Etat étouffé en Algérie. 

A la suite d’une longue traversée du désert qui aura duré 7 ans, le général-major Djamel Kehal Medjdoub est revenu par la grande porte pour présider aux destinées d’une DDSE plus que jamais fragilisée par une instabilité chronique et le poids encombrant des scandales successifs provoqués par ses anciens hauts responsables qui ont privilégié leurs intérêts personnels au détriment de l’impératif de préserver la sécurité nationale.