L’Algérie veut s’émanciper du système international occidental et préfère un rapprochement avec la Russie et la Chine

0
231

L’Algérie de 2022 est un pays qui cherche ardemment une alternative au système international occidental et œuvre pour le rapprochement avec la Russie et avec Chine, croit savoir Ali Rastbeen, le Président de l’Académie de Géopolitique de Paris, un prestigieux établissement privé d’enseignement supérieur et de recherche.  Ali RASTBEEN est un spécialiste de l’Iran et des questions stratégiques et énergétiques au Moyen-Orient.

Dans une publication consacrée exclusivement par l’Académie de Géopolitique de Paris au soixantenaire de l’Indépendance de l’Algérie, Ali Rastbeen a souligné que le régime algérien s’éloigne de plus en plus du modèle occidental et se rapproche davantage des modèles autoritaires. Par ailleurs, le régime algérien se distingue, selon le même spécialiste, par sa forte résistance aux mouvements populaires réclamant la démocratie. En dépit du Hirak de 2019 et du Printemps Arabe de 2011, l’État algérien n’a pas connu « de grands changements depuis les premiers gouvernements du régime », note le même expert d’après lequel « le système politique algérien est confronté à une dynamique de soulèvement populaire. Pour la première fois un mouvement s’attache aux causes et non aux conséquences du refus de la nature du pouvoir algérien dont le fonctionnement du politique est totalement unilatéral et rejette les médiations sociopolitiques. Les autorités algériennes ont vu dans le Covid-19 le moyen pour renforcer la répression qui classe l’Algérie derrière ses voisins Maghrébins dans les indices mondiaux de démocratisation ».

Ali Rastbeen a relevé également que le régime algérien ne cesse de mettre en valeur « le potentiel culturel et patrimonial comme facteur de prise en compte et de renforcement de l’identité en géopolitique interne ».

Il est à souligner que l’enfin que l’Académie de Géopolitique de Paris a planché dans cette publication consacrée au 60 ans de la fête de l’Indépendance à « la stratégie algérienne »  en matière de leadership régional et la gestion de plusieurs dossiers diplomatiques sensibles comme « l’exemple de l’intégration régionale ou des crises politiques au Mali, en Libye dans la bande sahélo-saharienne à forte capacité d’épanchement déstabilisateur ».

Les auteurs de toutes les analyses publiées dans les colonnes de cette publication spéciale de l’Académie de Géopolitique de Paris n’ont pas cessé de réaffirmer que les défis qui attendent l’Algérie « restent à la hauteur de sa dimension territoriale, la plus grande d’Afrique et la plus vaste du pourtour méditerranéen ».  « L’Algérie demeure un mastodonte sécuritaire, démographique et géographique », conclut en dernier lieu le préambule de cette publication académique qui a réuni de nombreuses plumes très prestigieuses et des spécialistes reconnus pour leur expertise dans les questions politiques internationales.