L’Algérie remporte une première bataille : le sommet Arabe se tiendra bel et bien à Alger le 1 et 2 novembre prochain

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L’Algérie a remporté une première bataille : le prochain sommet de la Ligue Arabe ne sera pas reporté et se tiendra bel et bien à Alger le 1 et 2 novembre prochain alors que de nombreuses pressions ont été exercées sur la Ligue Arabe pour la contraindre de reporter cet important sommet. 

Hier mardi au Caire, le secrétaire général de la Ligue Arabe a démenti catégoriquement les rumeurs ayant annoncé le report du Sommet Arabe d’Alger. « Il a été finalement décidé, lors de la réunion des ministres arabes des Affaires étrangères, de tenir le prochain Sommet arabe en Algérie les 1er et 2 novembre », a indiqué à ce sujet Ahmed Abou al-Gheït lors d’une conférence de presse tenue à l’issue de la 158e session du Conseil de la Ligue arabe, ajoutant qu’il n’est pas question de discuter d’éventuels reports, déplacements ou autres ».

A cette occasion, le secrétaire général a exprimé son souhait de voir ce sommet réussir et qu’en découlent des décisions à la hauteur des défis actuels, particulièrement en l’absence de toute perspective de résolution de nombre d’affaires et de conflits qui affectent la région. Cette annonce d’Abou Al-Gheït intervient dans un contexte bouillonnant marqué par des « offensives violentes » de certains lobbys médiatiques arabes qui ont fait état d’un « consensus » entre l’Egypte et les pays du Golfe pour reporter le rendez-vous d’Alger, évoquant des divergences sur plusieurs questions, dont celle du barrage de la Renaissance et des relations avec l’Iran.

Ces rumeurs ont été propagées essentiellement par le quotidien panarabe basé à Londres Al-Araby Al-Jadeed, un média financé par le Qatar, a cité des sources diplomatiques égyptiennes confirmant l’existence d’un « consensus entre les responsables égyptiens et du Golfe » concernant la « difficulté de tenir le sommet reporté », à la lumière des conditions arabes et régionales actuelles. L’un des diplomates égyptiens a expliqué que parmi les points litigieux figurent « les positions de l’Algérie envers l’Iran tout au long de la dernière période ». Un autre a dénoncé « l’insistance de l’Algérie à approfondir les relations entre elle et l’Éthiopie (…) sans tenir compte de la crise entre Le Caire et Addis-Abeba, ce qui a récemment conduit à un état de brouille dans les relations » l’Egypte et l’Algérie.

Un troisième diplomate s’est dit, quant à lui, « surpris par le parti pris de l’Algérie envers l’Éthiopie », bien que l’Egypte « reste neutre » dans le conflit du Sahara entre le Maroc et l’Algérie, au moment où le Royaume soutient le Caire dans la crise du barrage de la Renaissance avec l’Éthiopie.

Les sources diplomatiques d’Al-Araby Al-Jadeed ont déclaré que si ce Sommet se tient à temps, il « serait un spectacle, ce que certaines capitales arabes ne veulent pas donner à l’Algérie ». Face à ces rumeurs devenues de plus en plus persistantes, la diplomatie algérienne s’est mobilisée fortement pour contrecarrer ce lobbying hostile à l’organisation du Sommet Arabe par l’Algérie. Ramtane Lamamra est parti mardi jusqu’au Caire pour rencontrer le président égyptien Abdel-Fattah Al-Sissi avec lequel il s’est entretenu pour  « resserrer les liens bilatéraux et d’intensifier la coordination sur les questions régionales », a indiqué à ce sujet la présidence égyptienne dans un communiqué.

Cette entrevue était importante car elle permettait de lever les malentendus qui empoisonnaient les relations algéro-égyptiennes ces derniers mois notamment en raison du rapprochement de l’Algérie avec l’Ethiopie alors que le Caire est opposée à Addis-Abeba dans une guerre froide très tendue à cause de la question du partage des eaux du Nil depuis la construction par l’Ethiopie du fameux barrage de la Renaissance.

Le barrage de la Grande Renaissance éthiopienne, construit par Addis-Abeba sur le Nil, est, selon le gouvernement du Caire, une « question vitale » pour l’Égypte et son peuple. Par le biais de négociations, l’objectif est de parvenir à un accord juridique contraignant qui permette à l’Éthiopie de se développer tout en préservant les droits de l’Égypte.
Le barrage représente la plus grande installation de production d’énergie hydroélectrique de tout le continent africain. Le projet, confié à l’entreprise de construction italienne Salini, a débuté en 2011. Le remplissage du réservoir permet la production de 6 000 mégawatts d’électricité. Le choix d’Addis-Abeba a alimenté dès le départ des tensions avec l’Égypte et aussi avec le Soudan, des pays qui craignent d’être confrontés à une réduction drastique de l’approvisionnement en ressources en eau, essentielles à la vie et à l’économie de leurs populations respectives.

Soulignons enfin que Ramtane Lamamra a remis à M. Al-Sissi une lettre du président algérien Abdelmadjid Tebboune, qui a invité son homologue égyptien à participer au sommet arabe prévu en novembre en Algérie, ce dont M. Al-Sissi s’est félicité, selon le communiqué de la Présidence égyptienne.  « Dans sa lettre, le président algérien a affirmé la volonté de l’Algérie de renforcer la coopération bilatérale à différents niveaux, (…) conformément aux liens profonds entre les deux pays frères et leurs peuples », peut-on lire dans le communiqué. Pour sa part, M. Al-Sissi a exprimé l’aspiration de l’Egypte à travailler avec l’Algérie pour assurer le succès du sommet arabe dans le but de renforcer l’action arabe commune pour relever les énormes défis auxquels est confrontée la nation arabe ».