L’Algérie parmi les 34 premiers pays au monde souffrant d’un important coût économique de la violence

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La violence produit un préjudiciable impact économique en Algérie. Notre pays a été même classé parmi les 34 premiers pays au monde souffrant d’un important coût économique de la violence. Ce classement a été établi par le Global Peace Index (GPI) 2022, fraîchement publié par The Institute for Economics & Peace (Institut pour l’Economie et la Paix), basé à Sydney.

Selon ce rapport mondial considéré comme une référence internationale concernant l’évaluation du niveau de la paix sur la planète, l’Algérie  enregistré au cours de l’année écoulée un coût économique de la violence qui représente 10% du PIB du pays. Ce coût est estimé à plus de 112 millions de dollars USD  en termes de parité de pouvoir d’achat (PPA). L’Algérie se classe ainsi au 34e rang mondial concernant les dégâts économiques directs et indirects de la violence. C’est un classement alarmant qui témoigne de l’ampleur de l’impact de la violence sur les équilibres financiers et économiques de notre pays.

L’Algérie se retrouve dans une catégorie regroupant plusieurs pays instables politiquement et marqués par des violences répétées à l’image du Mexique, l’Afrique du Sud, l’Irak, le Congo ou le Soudan. Le pays le plus ébranlé par le coûté économique de la violence demeure la Syrie qui est suivie, en deuxième position, par le Soudan du Sud et la République de la Centrafrique en 3e position.

Pour rappel, la 16ème édition du Global Peace Index (GPI 2022) classe 163 Etats et territoires indépendants en fonction de leur niveau de paix. Le rapport se base sur 23 indicateurs quantitatifs et qualitatifs, regroupés dans trois domaines : le niveau de la sécurité et de la sûreté de la société, l’étendue des conflits nationaux et internationaux en cours, et le degré de militarisation.

Cet indice mondial nous apprend que le  niveau moyen de la paix mondiale a chuté de 0,3% avec 90 pays affichant une amélioration et 71 une détérioration. La situation dans le monde s’est toutefois dégradée depuis 2008, affichant une baisse moyenne de l’index de 3,2%. Selon les résultats, c’est le domaine «conflit en cours» qui est le principal responsable de cette dégradation.

En effet, plusieurs indicateurs qui composent ce domaine ont enregistré une importante augmentation. C’est notamment le cas de l’indicateur «décès dus au conflit extérieur», qui a connu le changement le plus important avec une hausse de plus de 4% liée notamment à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Ces deux pays sont d’ailleurs parmi les cinq nations ayant connu la plus grande détérioration de la paix. Les dépenses militaires diminuaient toujours en 2021 mais la guerre en Ukraine et l’augmentation potentielle des dépenses militaires des pays de l’OTAN à 2% du PIB pourraient avoir des conséquences sur le niveau de paix dans les années à venir. Le conflit a également engendré une baisse drastique de l’indicateur «relations avec les pays voisins», qui a atteint son pire score depuis la création de l’Index, notamment pour les pays limitrophes de la Russie.

L’impact de la violence sur l’économie mondiale en 2021 était de 16,5 milliards de dollars en termes de parité de pouvoir d’achat (PPP), ce qui équivaut à 10,9% de l’activité économique mondiale. Cela représente une augmentation de 12,4% par rapport à l’année précédente, en majeure partie liée à la hausse des dépenses militaires.

Soulignons enfin que l’Institute for Economics and Peace (IEP) a mis en place une nouvelle méthodologie afin d’estimer le coût global économique de la violence. Définit par l’IEP comme toutes activités économiques découlant des mesures de prévention et des conséquences en termes de dégâts humains ou matériels de la violence, le coût global économique de la violence est calculé en se basant sur les coûts généraux associés à l’endiguement de la violence en termes de coûts directs et indirects, incluant ceux qui relèvent de la protection et de la prévention de la violence.