L’Algérie ne sait toujours pas profiter de l’argent de sa diaspora : plus de 10 milliards de dollars USD pour le Maroc, plus de 30 milliards USD pour l’Egypte et seulement 1,8 milliard USD pour l’Algérie

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L’Algérie rate toujours l’opportunité de tirer profit de l’argent que lui offre sa diaspora à l’étranger. Notre pays est toujours considéré comme l’un des plus gros perdants dans les envois de fonds provenant des migrants vers leurs pays d’origine. Ces envoies de fonds devraient augmenter de 4,2% et s’élever à 630 milliards de dollars en 2022, selon les prévisions de la Banque Mondiale. Or, en Algérie, ces flux financiers ne connaissent aucune évolution notable alors qu’au Maroc et en Egypte, ces envois de fonds battent des records et les diasporas marocaines ou égyptiennes de ces deux pays contribuent grandement au développement économique de leur pays d’origine. 

Les envois de fonds provenant  des migrants vers leurs pays d’origine connaissent une importante hausse qui « fait suite à une reprise économique presque record de 8,6 % en 2021, selon la dernière note d’information de la Banque mondiale sur les migrations et le développement » a expliqué l’institution internationale dans un rapport rendu public dimanche dernier.

Selon la même source, les pays de l’Afrique subsaharienne, d’Afrique du Nord et du Moyen Orient bénéficieront de cette tendance enclenchée depuis 2021. Durant l’exercice précédent, les remises migratoires (envois de devises) pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) ont augmenté de 7,6 % en 2021 pour atteindre 61 milliards de dollars.

Cette augmentation est très marquée par un record de 40% de hausse de transfert vers le Maroc et de 6,4% vers l’Egypte. Ainsi, dans le top 10 des pays africains (Afrique du Nord et Afrique subsaharienne), l’Égypte arrive en pole position. Il est le premier pays bénéficiaire de cette manne financière, avec un montant record de 31,5 milliards de dollars. Le Nigeria arrive derrière l’Égypte. Le pays le plus peuplé d’Afrique (plus de 206 millions d’habitants, selon la BM) a vu les transferts de sa forte diaspora atteindre 19,2 milliards de dollars. Quant au Maroc, il arrive à la 3e place, avec des transferts atteignant 10,4 milliards de dollars en 2021.

« Cette progression s’explique par la croissance économique enregistrée dans les pays d’accueil de l’Union européenne, ainsi que par les migrations de transit, qui ont contribué à une hausse des envois vers des pays d’accueil temporaire comme l’Égypte, le Maroc et la Tunisie », a expliqué le même rapport de la Banque Mondiale.

Malheureusement, la diaspora algérienne est de loin de pouvoir égaler le poids économique de la diaspora marocaine ou égyptienne. En 2021, les envois de fonds officiellement enregistrés vers l’Algérie ont atteint 1,8 milliard de dollars en 2021, contre 1,6 milliard de dollars en 2020. On est loin des 10,4 milliards de dollars transférés vers son pays d’origine par la diaspora marocaine ou les 31,5 milliards de dollars USD transférés par la diaspora égyptienne.

Cet énorme écart démontre que l’Algérie ne profite guère de sa diaspora à l’étranger qui est, pourtant, aussi rayonnante que la diaspora marocaine ou égyptienne. L’émigration algérienne est vieille de plusieurs décennies et elle est profondément implantée dans des pays riches et industrialisés comme la France ou le Canada. Plusieurs paramètres expliquent la faiblesse de ces envois de fonds à l’image du système bancaire algérien totalement archaïque et déconnecté des mutations financières mondiales. Algérie Part reviendra dans une seconde publication sur les carences qui empêchent l’Algérie de profiter plus sérieusement et efficacement du potentiel économique de sa diaspora.

Signalons enfin que les envois de fonds des migrants constituent depuis longtemps la principale source de ressources extérieures (61 % en 2021), devant l’aide publique au développement, l’investissement direct étranger (IDE) et les flux de placement et d’endettement, indique à ce sujet la Banque Mondiale d’après laquelle  « Le coût d’envoi de 200 dollars vers la région a diminué au quatrième trimestre 2021, à 6,4 %, contre 6,6 % un an auparavant ».