L’Algérie dénoncée une nouvelle fois pour la répression judiciaire généralisée à l’encontre des manifestants pacifiques

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Encore une condamnation. Encore une dénonciation. A la veille de l’organisation du référendum sur l’adoption de la Nouvelle Constitution, l’Algérie a été une nouvelle fois dénoncée par L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme (FIDH-OMCT) pour sa répression judiciaire généralisée à l’encontre des manifestants pacifiques. 

« Si les autorités algériennes sont sérieuses quant à leur volonté de prendre en compte les revendications exprimées depuis de longs mois par le mouvement du Hirak, elles doivent commencer par cesser d’en harceler les militants et amorcer un vrai dialogue afin de construire, dans la concertation, l’Algérie de demain » a commenté à ce sujet Alice Mogwe, présidente de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH), une ONG basée à Paris et qui dispose d’un statut consultatif auprès de l’ONU, de l’UNESCO et du Conseil de l’Europe, et du statut d’observateur auprès de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples.

« A titre d’exemple, Khaled Drareni, arbitrairement détenu depuis le 29 mars 2020, a été condamné en appel le 15 septembre 2020 à deux ans de prison ferme par la Cour de Ruisseau pour avoir couvert les manifestations du Hirak en tant que journaliste. Dans le cadre de la même affaire, les militants Samir Belarbi et Slimane Hamitouche ont pour leur part écopé d’un an de prison dont quatre mois fermes », rappelle ainsi à ce propos la FIDH. « Le militant Abdallah Benaoum est quant à lui incarcéré en détention provisoire depuis 11 mois pour avoir publié sur Facebook des opinions critiques à l’égard des autorités et sa santé est aujourd’hui en danger. Récemment, le 15 octobre 2020, Fodil Boumala a été condamné à 50 000 dinars (environ 380 euros) d’amende pour « incitation à attroupement non armé » par le Tribunal de Dar el Beïda à cause d’une vidéo publiée sur Facebook dans laquelle il déclare sa solidarité avec tous les détenus du Hirak et d’opinion et est toujours poursuivi dans le cadre d’une autre affaire », souligne encore une fois la FIDH.

« Les autorités algériennes continuent également de harceler le militant de la Ligue Algérienne pour la Défense des Droits de l’Homme (LADDH) et syndicaliste Kaddour Chouicha, déjà emprisonné à plusieurs reprises depuis le début du mouvement, ainsi que son épouse, la journaliste et militante de la LADDH Jamila Loukil, tous deux étant appelés à comparaître, avec d’autres personnes, dans un procès qui se déroulera le 30 novembre 2020 pour des faits qui se sont déroulés en novembre 2019. Par ailleurs, de nombreux procès de militants qui devaient se tenir depuis le début de l’année 2020 sont sans cesse reportés », déplore enfin la même ONG.

« Nous appelons les autorités algériennes à répondre aux attentes légitimes des militants du Hirak et, plus largement, du peuple algérien, en commençant par mettre un terme au harcèlement systématique des militants pacifiques et en libérant tous ceux qui restent détenus à ce jour », a déclaré en dernier lieu Gerald Staberock, secrétaire général de l’OMCT.