« L’agresseur » de Saïd Sadi condamné par la Justice française à une forte amende financière

0
356

Salim Laïbi, animateur d’un blog d’information à Marseille (sud), a été condamné vendredi à une amende de 12.000 euros pour avoir diffamé Saïd Sadi, 74 ans, ex-président du parti algérien du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD).

L’homme politique, également fondateur de la Ligue des droits de l’Homme algérienne, avait assigné ce chirurgien-dentiste installé à Marseille pour ses propos tenus dans un livre, « Algérie: de la théorie à la pratique du complot », et dans deux vidéos diffusées sur Youtube début 2020.

Le tribunal a estimé que, « par ces trois modes de communication, Salim Laïbi a voulu, délibérément, discréditer M. Saïd Sadi pour mettre en doute son intégrité morale et son engagement politique en lui prêtant des alliances opposées à ses valeurs politiques afin de le présenter comme un imposteur ».

Déjà condamné pour des faits de diffamation et d’injures, le polémiste qui anime le blog « Le libre penseur » a été présenté par Me Jean Boudot, avocat de Saïd Sadi, comme « un agent en première ligne de la multinationale islamiste, un de ses principaux influenceurs ».

M. Laïbi ne s’était pas présenté à l’audience le 11 mars, ni ne s’était fait représenter par un avocat.

« Aucune excuse de bonne foi ne pourra être retenue pour exclure la responsabilité de M. Laïbi, qui a pris pour cible M. Saïd Sadi en tenant des affirmations mensongères sous couvert de liberté d’information », écrit le tribunal, qui a alloué 15.000 euros de dommages et intérêts à l’homme politique, « eu égard à la gravité des propos diffamatoires tenus ».

Le tribunal a également pointé « la véhémence des propos et l’acharnement dont M. Laïbi a fait preuve à l’encontre de M. Saïd Sadi ».

A l’audience, la procureure de la République avait requis cette amende de 12.000 euros, le maximum encouru, « tant l’intention de nuire ne fait aucun doute ». La magistrate avait souhaité « rendre hommage » à M. Sadi et « au combat de toute une vie ».

Présent à l’audience, M. Sadi avait déposé plainte après avoir été pris à partie par M. Laïbi le 2 novembre 2019 dans une rue de Marseille. Accompagné d’un second homme, celui-ci l’avait filmé avec son portable en le traitant d’imposteur et en lui reprochant de prétendues accointances avec les mouvements politiques algériens combattus par M. Sadi.

Saïd Sadi, une des figures emblématiques du mouvement identitaire et culturel berbère, avait notamment présidé le RCD, un parti d’opposition laïc issu en février 1989 de cette mouvance berbère.

Source : AFP