L’activiste Brahim Laalami échoue dans sa harga et se retrouve une nouvelle fois en détention

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Triste fin pour Brahim Laalami. Finalement, contrairement à ce que nous avons annoncé hier mardi 29 juin, le célèbre militant du Hirak Brahim Laalami n’a pas réussi sa traversée risquée de la Méditerranée et sa tentative de harga a échoué. Le militant originaire de Bordj Bou Arreridj a été arrêté par les services de sécurité alors qu’il tentait avec ses compagnons de fortune d’emprunter une embarcation pour rejoindre illégalement les côtes espagnoles depuis les plages de la wilaya d’Ain Témouchent. 

Selon diverses sources locales, les garde-côtes algériens ont intercepté l’embarcation de Brahim Laalami et ses compagnons au large de Béni Saf. Après avoir été reconduits manu militari vers les rivages, ces harragas ont été interpellés et remis à la brigade de gendarmerie nationale d’Ain Témouchent. Brahim Laalami a été maintenu en détention par les gendarmes qui devront ensuite le présenter devant un tribunal territorialement compétent qui risque, malheureusement, de l’incarcérer pour « émigration clandestine ».

Brahim Laalami a tenté de quitter clandestinement son pays où il était durement persécuté par les services de sécurité et la justice pour rejoindre l’Europe.  Brahim Laalami envisageait de se réfugier en Europe et de refaire sa vie dans un pays respectueux des Droits de l’Homme et de la Liberté d’Expression afin d’échapper à la répression impitoyable qui s’abat sur les hirakistes en Algérie.

Placé une première fois en détention provisoire le 9 septembre 2020, Brahim Laalami, 30 ans, avait répondu de six chefs d’accusation. Il avait été acquitté pour trois d’entre eux mais condamné pour « offense au président de la République », « outrage à corps constitué » et « publication de fausses informations ». Début février 2021, il avait été condamné par le tribunal de Bordj Bou Arreridj, près d’Alger, à deux ans de prison ferme, ainsi qu’à une amende de 200 000 Da dans une autre affaire. Fort heureusement, il avait bénéficié de la grâce présidentielle, annoncée par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, en faveur de dizaines de détenus du Hirak, à la veille de la commémoration du deuxième anniversaire du Hirak.

Brahim Laalami, un tailleur, était sorti seul à Bordj Bou Arreridj en février 2019 avec une grande pancarte contre la candidature à un cinquième mandat de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika. Il était devenu l’une de ses figures les plus emblématiques de ce mouvement de protestation contre le 5e mandat de Bouteflika. Mais après la grande répression enclenchée depuis fin mars 2021 et les arrestations successives ainsi que l’allongement dangereux de la liste des détenus politiques enfermés régulièrement dans les prisons du pays, Brahim Laalami s’est retrouvé une nouvelle fois dans le collimateur des autorités algériennes. Le jeune activiste a préféré ainsi tenter la harga pour ne pas retourner une nouvelle fois en prison. Pari perdu pour le jeune activiste qui est devenu l’un des leaders d’opinion sur les réseaux sociaux depuis l’enclenchement du Hirak.