La barre des 200 détenus politiques recensés est dépassée en Algérie

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Triste record encore ce lundi 31 mai en Algérie. La barre des 200 détenus politiques recensés est officiellement dépassée à travers l’ensemble du territoire national. Ce décompte de malheur a été établi par le Comité National de Libération des Détenus d’Opinion (CNLD). Composé de plusieurs juristes et avocats engagés dans la défense des droits bafoués des militants et activistes politiques pacifiques réprimés et incarcérés par les autorités algériennes, le CNLD oeuvre depuis 2019 pour la promotion des Droits de l’Homme et la préservation des Libertés Publiques. 

Une mission qui est devenue tout simplement impossible dans le contexte politique actuel dans lequel patauge l’Algérie. Et pour cause, plus de 200 détenus politiques ont été recensés jusqu’à ce lundi 31 dans pas moins de 33 wilayas. Rien que depuis le début de ce mois de mai, pas moins de 129 détenus politiques ont été comptabilisés. Le mois de mai est l’un des plus sinistres et cruels pour les libertés publiques et individuelles en Algérie.

Durant ce mois de mai 2021, 19 wilayas ont été touchées par des arrestations suivies par des placements en détention ou des condamnations à de la prison ferme. Naturellement, il s’agit d’affaires purement politiques concernant des militants du Hirak ou des opposants pacifiques au régime en place.

La wilaya d’Alger a connu pas moins de 48 incarcérations arbitraires au cours de ce mois de mai. C’est la wilaya qui a connu le plus grand nombre de « délits politiques » punis sévèrement par la justice algérienne. Depuis la reprise des marches populaires du Hirak, pas moins de 81 détenus politiques croupissent dans la prison d’El-Harrach située dans la wilaya d’Alger.

La wilaya de Sétif arrive à la deuxième place sur le podium avec pas moins de 25 détenus politiques incarcérés. Skikda est la troisième wilaya qui abrite le plus grand nombre de détenus d’opinion avec plus de 9 activistes du Hirak incarcérés pour des faits liés aux marches pacifiques du vendredi. Malheureusement, rien n’indique que cette répression va s’arrêter dans les prochains jours car les arrestations musclées et les procès pour des délits d’opinion se poursuivent encore et toujours dans divers tribunaux algériens. Le CNLD n’a donc pas fini de compter encore les détenus politiques.