Journalistes, activistes du Hirak, étudiants : répression tous azimuts en Algérie

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Nouveau Printemps sinistre et lugubre pour les Droits de l’Homme en Algérie. Ces derniers jours, le régime algérien a accéléré encore une fois la cadence de la répression et personne n’y échappe : journalistes, activistes du Hirak ou étudiants engagés dans la lutte pacifique en faveur du départ des actuels décideurs civils ou militaires au pouvoir. 

Ce mercredi 31 mars, l’atmosphère est très tendue à Constantine où l’étudiant et activiste du Hirak Khaled Zeghouani sera jugé  en comparution immédiate au tribunal d’El Ziadia. Présenté ce mercredi matin devant les magistrats, Khaled Zeghouani a vécu une véritable nuit cauchemardesque dans les locaux du siège de sûreté de wilaya de Constantine car il a été brutalisé et passé à tabac après avoir refusé catégoriquement de déverrouiller son smartphone comme lui a été violemment demandé par des policiers.

Lors de sa présentation devant le Procureur près le tribunal d’El Ziadia, le magistrat n’a pas osé prendre acte des violences qui ont été honteusement infligées à Khaled Zeghouani. Ce dernier a été arrêté hier mardi lors de la marche des étudiants de Constantine. Une marche étouffée brutalement par les services de sécurité. Plusieurs étudiants ont été arrêtés et interpellés. Relâchés mardi soir, les personnes interpellées ont témoigné sur les réseaux sociaux en décrivant soigneusement l’agressivité déchaînée des policiers à leur encontre.

Malheureusement, le cas de Khaled Zeghouani et de ses camarades à Constantine n’est guère un cas isolé. La répression est devenue systématique en Algérie. A chaque vendredi et mardi, les deux rendez-vous traditionnels des manifestations pacifiques du Hirak, les forces de l’ordre et les services de sécurité font un usage excessif de la force pour violenter les manifestants et les placer en garde-à-vue pour continuer de les brutaliser dans les locaux des commissariats.

Dans la wilaya d’El-Bayadh, le jeune Ayoub Chahetou, l’une des figures du Hirak, a été placé sous mandat de dépôt dimanche passé à la suite de son arrestation en marge des manifestations du vendredi dernier et son procès renvoyé au 4 avril prochain. Il est accusé de “destruction de biens publics de l’État” alors que ce jeune activiste est pleinement engagé pour garantir l’organisation des activités pacifiques du Hirak dans sa région. Lors de sa garde-à-vue, Ayoub Chahetou a été maltraité et particulièrement violenté, rapportent de nombreuses sources proches de son entourage familial. Là encore, la justice algérienne n’a pas levé le petit doigt pour enquêter sur ces violences policières.

Rappelons également qu’à Alger, plusieurs militants emblématiques du Hirak ont été interpellés en marge des marches du vendredi dernier 26 mars. Il s’agit de Nabil Bousekkine, Mohamed Tadjadit, Abdenour Aït Saïd, Abou Hafs Elhilali, Abdessamie Youcef, Lamouri Boulamidi qui avaient été maintenus en garde-à-vue au commissariat de Cavaignac avant d’être présentés dimanche devant le procureur près le tribunal de Sidi M’hamed d’Alger qui a décidé de les placer sous contrôle judiciaire.

D’autres manifestants personnes ont été aussi relâchées avec convocation durant la nuit sont aussi convoqués à se présenter dimanche à la division criminelle de la police judiciaire (Commissariat de Cavaignac) pour les présenter devant le procureur du tribunal de Sidi M’hamed, à l’instar de Nazim Ferhi et Cheikh Abdelkader Abou Oussama.

Au cours des derniers mois, plusieurs organisations algériennes et internationales ont exprimé leurs inquiétudes quant à la répression du droit à la liberté d’expression. Même les journalistes n’échappent pas à cette répression. Preuve en est, Ihsane El Kadi, le directeur de Web Radio Radio M et du site d’information Maghreb Emergent, a été une nouvelle convoqué aujourd’hui mercredi par la brigade de recherches de Bab Jedid de la Gendarmerie Nationale. Jusqu’à l’heure où nous mettons en ligne notre article, le journaliste algérien se trouve toujours au niveau dans les locaux de cette brigade spécialisée de la gendarmerie nationale. Cet épisode risque d’inaugurer une nouvelle série d’harcèlements et de poursuites judiciaires visant à étouffer encore davantage la liberté de la presse.

Une affaire illustre parfaitement ce nouveau acharnement du régime algérien contre les journalistes. Le tribunal de Sidi M’hamed à Alger a condamné lundi dernier à six mois de prison ferme un journaliste pour diffamation envers l’ex-président de l’Assemblée populaire nationale (APN), la chambre basse du Parlement.

Ce journaliste, Abdelhakim Setouane, « a été condamné à six mois de prison ferme », a déclaré son avocat Me Abdellah Heboul. Le parquet avait requis 18 mois de prison ferme. En détention depuis le 20 octobre, le journaliste quittera la prison le 20 avril. Rédacteur en chef du site d’information arabophone Essafir, M. Setouane était jugé pour « diffamation », « atteinte à la vie privée », « chantage journalistique » et « publication d’informations malveillantes » dans ce procès intenté par le ministère de la Communication.

Il lui est reproché la publication d’un article dans lequel il révélait une relation extraconjugale de l’ex-président de l’APN, Slimane Chenine, selon l’organisation de défense de la liberté de la presse, Reporters sans frontières (RSF).

7 COMMENTS

  1. Les USA sont mal placés pour donner des leçons de démocratie
    Une dictature qui a envahi l’Irak avec des faux prétextes et y a détruit les infrastructures , tués environ 1 million de civil et emprisonné et torturés des dizaines de milliers de civils innocents
    20 années d »occupation de l’Afghanistan , avec des centaines de milliers de civils tués
    Une dictature qui a fait arrêtés des civils un peu partout, a créé des prisons secrètes, d’autres ne respectant ni les conventions internationales, ni les droits des détenus comme Abou Greib, Guatanamo ou à Bagram
    Quand on soutien le putsch du général El Sissi qui a renversé un président élu démocratiquement et a tué, torturé et fait emprisonné des dizaines de milliers d’opposants
    Quand on soutien le bombardement des écoles, des hôpitaux , des habitations, des lieux de cultes au Yemen, quand on affame des centaines de milliers de civils, on les prive de nourritures, de soins et d’un mimimim de sécurité , on est complice de crimes de guerre
    Faites ce que je vous dit mais ne faites surtout pas ce que je fais, c’est la devise des occidentaux

  2. On s’en fout des USA et des martiens .
    Le journaliste Ihsane elkadi convoqué aujourd’hui et transféré car trop libre selon benlahmar ?
    Donc avant d’attaquer les autres, regardons bien la dictature qui se passe chez nous.
    D s généraux grabataires, un brizidan handicapé a 80%,par contre corrompu à 100%.
    Et on vient lever la voix et pousser des cris de vierges effarouchées , Car des pays disent la vérité sur cette junte.
    Un état voyou, un brizidan corrompu de père en fils un état major corrompu. Une armée en déconfiture, par contre très fort dans la hagra du pauvre peuple. Tfouhhhhhh ya Ouled lahram.

  3. Petit à petit, chaque jour que Dieu fait, l’état-caserne finira par se disloquer. Il ne restera que les casernes pleines à craquer de militaires et les prisons ou s’entassent les civils. Pleures O mon pays bien aimé !

  4. Après ce constat terrible sur les droits de l’homme et la liberté de la presse, le pouvoir algérien est très crédible quand il défend les droits de l’homme des polisariens persecutés par les mechants marocains!
    Ce pouvoir de lâches, torture, viole, emprisonne y compris des enfants et IL OSE se la ramener sur les droits de l’homme au Sahara occidental!!! On doit bien rigoler dans les ambassades étrangères sur ces clowns serviles en uniforme.

  5. Comme la liberté d’éxpréssion semble être à géométrie variable sur ce site et que mon premier commentaire n’est pas passer et bien je reposte encore une fois.
    C’est bizarre dés que l’on parle de certains militants pacifique avec un projet politique bien spécifique c’est sauve qui peut même pour semmar le sois disant journaliste indépendant.

    POurquoi cette ormerta sur ces militants pacifique, vous n’êtes pas daccord avec leur projet politique soit mais ce ‘nest pas ce qu’on vous demande, en tant que sois disant démocrate vous devriez soutenir n’importe quelle personne qui exprime ses idées de façon pacifique et démocrate….non?
    POurquoi ne pas soutenir LOunes Hamzi et tous les autres détenue arbitrairement par le régime…qu’on,ils fait de si répréhensible à vos yeux a part ce battre pour leurs idées de manière pacifique?
    Les droits de l’homme ce n’est pas une médaille qeu l’on décerne à ceux qui pensent comme vous mais à tous être humains qui défend la justice , la démocratie quelle que ce soit son projet politique MONsieur SEMMMAR.

    « Celui qui ne voit rien est un imbécile , celui qui voit et ne dit rien est un criminel. » -Matoub Lounes-