Jijel, la nouvelle région martyre livrée à elle-même face à l’épidémie du COVID-19

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L’épidémie du COVID-19 est en train de prospérer dangereusement à Jijel, à l’est du pays. Cette wilaya qui abrite plus de 637 mille habitants est totalement livrée à elle-même face à l’augmentation vertigineuse des nouvelles contaminations et la saturation des services hospitaliers. Le nombre des patients admis dans les services de réanimation explose et les moyens pharmaceutiques ou médicaux manquent cruellement pour secourir des patients qui risquent de mourir faute d’une bonne et convenable prise en charge hospitalière. La population locale a lancé un véritable SOS de détresse. 

Sur les réseaux sociaux, de nombreuses pages et communautés relaient sans cesse depuis hier vendredi 30 octobre les appels à l’aide de la population de Jijel. Des crises de détresse qui traduisent une situation totalement déplorable dans les trois hôpitaux de cette wilaya : Hôpital Mohamed Seddik Ben Yahia de la ville de Jijel, l’hôpital Bachir Mentouri d’El Milia et  l’hôpital Saïd Mejdoub de la commune Taher. Hier vendredi 30 octobre, 15 patients sont décédés du coronavirus COVID-19. Mais les autorités du ministère de la Santé n’ont pas comptabilisé toutes ces victimes dans leur bilan sanitaire quotidien.

Pis encore, les autorités sanitaires relativisent la situation dramatique qui prévaut à Jijel et font la sourde oreille aux appels à l’aide lancés par les médecins de la wilaya. Pénurie d’oxygène médicale, pénurie des kits de dépistage PCR, des services de réanimation sous-équipées et manque cruels de lits pour admettre des patients qui nécessitent des soins intensifs, rien, absolument rien n’a été fait pour remédier à ces problèmes qui mettent en péril la vie des patients contaminés par le COVID-19.

Ces dysfonctionnements ont totalement bouleversé le système sanitaire à Jijel. Preuve en est, la direction de l’hôpital de Jijel a été contraint depuis le 24 octobre dernier à mettre un terme aux visites jusqu’à nouvel ordre, sauf en cas d’extrême urgence, avec l’autorisation du chef de service. La même direction a suspendu temporairement les examens médicaux spécialisés dans tous les services. Cela signifie que des patients souffrant des autres pathologies aussi graves et dangereuses que l’infection du COVID-19 ne peuvent pas recevoir les soins nécessaires à la préservateur de leur santé au niveau de l’hôpital de Jijel. C’est une situation chaotique qui met en danger la vie de plusieurs nombreux patients et malades. C’est une situation qui procure une terrifiante angoisse à toute la population de cette wilaya oubliée et abandonnée à son triste sort par les autorités publiques.

Pour rappel, Algérie Part avait expliqué dans une précédente publication que l’Institut National de la Santé Publique (INSP) avait tiré la sonnette d’alarme sur la situation sanitaire qui se dégrade dans la wilaya de Jijel. L’INSP avait expliqué récemment que dans les wilayas de Jijel, Sétif, M’sila et Batna ou Mila, le taux d’augmentation des patients admis et soigné dans les services de réanimation a dépassé les 45,7 % entre le 04 et
le 10 octobre et la dernière semaine d’octobre. “Cette augmentation est observée essentiellement dans deux wilayas, Jijel et Sétif”, avait fait savoir aussi l’INSP dans son l’un de ses derniers bulletins épidémiologiques selon lequel les moyennes quotidiennes des admissions en réanimation vont de 9 patients par jour jusqu’à 17 patients par jours dans les wilayas de l’est du pays. Ces données indiquaient clairement que la situation allait certainement s’aggraver dans les jours et semaines à venir. Mais les autorités algériennes n’ont pas pris la menace au sérieux et n’ont adopté aucune organisation spécifique pour protéger la santé des populations locales face à cette menace épidémique élevée.

 

 

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