Fortes et vives tensions à Alger : les manifestants du Hirak résistent aux policiers

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De fortes tensions règnent ce vendredi 30 avril dans les rues d’Alger-centre où les forces anti-émeutes de la Police tentent à tout prix de bloquer les accès des boulevards stratégiques comme celui de Didouche Mourad aux manifestants du Hirak. En colère et très remontées contre les services de sécurité, les foules nombreuses des manifestants refusent de se plier à ce diktat et résistent à la charge des policiers. 

Rien ne va plus entre la police et les manifestants du Hirak. Ce vendredi 30 avril, la tension est à son comble et les manifestants ne cachent pas leur exaspération face à des policiers accusés de tous les torts et traités de « bâtards », de « prostituées » du régime militaire ou de « gardiens » au service des « Généraux » de l’Institution militaire qui veut conserver le contrôle absolu du pouvoir. Fort heureusement, les manifestants du Hirak n’ont pas dépassé le stade très dangereux de l’insulte, l’invective et des quolibets moqueurs.

Mais le face-à-face reste encore tendu car les cordons policiers déployés dans plusieurs zones stratégiques et prisées par le Hirak à Alger a révolté encore davantage les manifestants. A maintes reprises, les policiers sont violemment repoussés lorsqu’ils tentent de procéder à des arrestations ou des interpellations musclées. Ce vendredi 30 avril, le Hirak refuse de rester dans la passivité face à la « hogra » des services de sécurité.

Les manifestants, unis et solidaires, interviennent systématiquement lorsqu’un policier tente d’arracher à un manifestant des pancartes ou l’embarquer manu militari. Les manifestants s’en prennent aux policiers en leur balançant à la figure des slogans très hostiles ou en entonnant le fameux chant qui a fait vibrer la Kabylie en 2001 : « Pouvoir Assassin » !

Colère, rage, révolte et indignation, ces émotions, nées dans le sillage d’une longue et harassante répression orchestrée sous les ordres du pouvoir, ont creusé un énorme fossé entre les manifestants du Hirak et les services de sécurité en Algérie.