Exclusif. Tebboune a autorisé officiellement le lancement de l’exploitation du gaz de schiste et deux géants américains ont fait une première offre

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Le lancement de l’exploitation du gaz de schiste en Algérie a été officiellement autorisé par le Chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, a pu confirmer Algérie Part au cours de ses investigations. La direction générale du groupe Sonatrach et le ministère de l’Energie ont été instruits par le Palais Présidentiel d’El-Mouradia depuis le début de mars 2022 d’entamer les démarches nécessaires pour le lancement des premiers travaux d’exploration et d’exploitation des gisements de gaz de schiste sur le territoire national, a-t-on pu encore confirmer au cours de nos investigations. 

L’Algérie a même reçu des propositions formulées par deux importants géants américains pour lancer les premiers projets d’exploitation de ses réserves de gaz de schiste. Il s’agit, selon nos investigations, des groupes Chevron et ExxonMobil. Ces deux compagnies américaines s’intéressent, d’ores et déjà, à 3 importants gisements de gaz de schiste localisés au niveau du bassin de Berkine, situé dans la partie orientale du Sahara algérien.

Avec un chiffre d’affaires de 286 milliards de dollars en 2021, pour un bénéfice de 23 milliards, ExxonMobil fait partie des entreprises ayant les plus importants bénéfices au monde. Jusqu’en 2018, ExxonMobil Corporation est dans les 10 premières entreprises mondiales en termes de capitalisation boursière. De son côté, Chevron est considérée aussi comme l’une des plus grosses compagnies énergétiques du monde. Preuve en est, le chiffre d’affaires de Chevron a bondi de 91% au quatrième trimestre de 2021 pour atteindre 48,13 milliards de dollars, de 72% sur l’ensemble de l’année à 162,47 milliards de dollars.  Ce groupe américain, qui avait été durement frappé par la chute des cours de l’or noir en 2020, est repassé dans le vert et a dégagé un bénéfice net de 5,1 milliards de dollars au quatrième trimestre, de 15,6 milliards sur l’ensemble de l’année. Il avait perdu 5,5 milliards en 2020.

Chevron comme ExxonMobil ont montré un grand intérêt pour l’exploitation du gaz de schiste algérien. Mais pour ce faire, les deux grands groupes américains ont exigé des conditions strictes aux autorités algériennes. Selon nos investigations, il s’agit notamment de l’application des dispositions les plus favorables de la Nouvelle Loi sur les Hydrocarbures qui avait été adoptée en novembre 2019 mais qui demeure inexploitée en raison de l’absence de nombreux textes d’application. Par ailleurs, en plus des avantages fiscaux et réglementaires, Chevron et ExxonMobil ont exigé à l’Algérie de leur attribuer les 3 gisements ciblés sans aucune procédure d’appels d’offres en contrepartie de leurs gigantesques investissements qui seront déployés au niveau du bassin de Berkine pour lancer définitivement l’exploitation du gaz de schiste. Ces investissements ont été estimés à plus de 50 milliards de dollars USD, certifient nos sources qui travaillent sur ce dossier frappé du sceau du secret.

Cependant, pour l’heure, l’Algérie est toujours en train d’étudier ces propositions et la direction générale de Sonatrach fournit, étrangement, peu d’efforts pour accélérer la cadence des négociations pouvant permettre le lancement de ces ambitieux projets de production de gaz de schiste.

Il faut savoir que les premiers gisements ciblés par ExxonMobil et Chevron dans le bassin de Berkine revêtent un intérêt névralgique car ce bassin dispose d’un potentiel qui est évalué aujourd’hui à environ 300 Tcf (Trillion cubic feet) de gaz naturel et 5 milliards de barils de pétrole de schiste, non conventionnels, tous deux contenus dans les deux plus importantes roche-mères du Sahara (Silurien et Frasnien). Les autres bassins pétroliers comme celui d’Illizi, de Timimoun, ou de l’Ahnet renferment autant de réserves non conventionnelles, mais celui de Berkine a l’avantage de disposer déjà de toutes les infrastructures permettant un développement plus rapide.

Citant une étude de l’Agence américaine d’information en énergie (EIA) établie en 2015, la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et l’investissement avait estimé fin 2018 que les ressources techniquement récupérables mondiales de gaz de schiste dans le monde entier à environ 7.566,6 trillions de pieds cubes (soit environ 214,5 trillions de mètres cubes). Ces volumes représentent environ 61 ans de la consommation mondiale au rythme de 2016. L’Algérie, à elle seule, détient 707 trillions de pieds cubes(Tpi3) de gaz de schiste, soit 9,3% des RTR mondiales. Elle représenterait plus de la moitié des RTR en Afrique. L’Afrique du Sud avec 390 Tpi3 (5,1% des RTR mondiales), possèderait également 28% des RTR du continent africain.