Exclusif. Scandale PETROGEL : le DG de NAFTAL auditionné par la gendarmerie nationale et révèle l’implication du PDG de Sonatrach

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Kamel Benfriha, le directeur général de NAFTAL, l’une des filiales les plus stratégiques du groupe Sonatrach, a été auditionné en fin de semaine passée par des enquêteurs de la la gendarmerie nationale à propos du scandale PETROGEL, a appris Algérie Part au cours de ses investigations. Et au cours de son audition, l’actuel DG de NAFTAL a confirmé l’implication du PDG de Sonatrach, Toufik Hakkar, dans l’attribution illicites de marchés de distribution des carburants ainsi que l’octroi de privilèges illégaux à l’opérateur privé PETROGEL, appartenant à un jeune milliardaire utilisé par lobby puissant au sein du pouvoir algérien comme un homme de paille pour réaliser des rafler des sommes colossales dans le secteur de la distribution et commercialisation des carburants. 

Kamel Benfriha a confié aux enquêteurs de la gendarmerie nationale qu’il avait été contraint par la direction générale de Sonatrach d’accorder un traitement de faveur à son concurrent l’opérateur privé PETROGEL. Benfriha a expliqué qu’il avait peur de perdre son poste car il était encore directeur général par intérim de NAFTAL depuis le début du mois de février jusqu’au 8 septembre dernier date à laquelle il avait été confirmé officiellement dans ses fonctions de DG de NAFTAL.

Benfriha a révélé ainsi aux enquêteurs de la gendarmerie nationale qu’il avait subi un chantage caractérisé de la part du PDG de Sonatrach, Toufik Hakkar, afin de venir au secours de l’opérateur privé PETROGEL qui avait besoin cruellement de s’approvisionner en carburants et produits pétroliers afin de ne pas déclarer en faillite plusieurs de ses points de vente et de stockage. D’après Benfriha, s’il n’avait pas obéi à Toufik Hakkar, il aurait été limogé de son poste et remplacé par un autre manager beaucoup plus docile. Selon nos sources, le PDG de Sonatrach voulait installer un autre dirigeant issu de son entourage à la tête de NAFTAL pour gérer le dossier PETROGEL en toute tranquillité.

Il s’agit, comme il avait été révélé lors de nos précédentes publications, de Nacer-Eddine Henakeria QUI était directeur régional de NAFTAL à Skikda. Il avait été également l’un des anciens directeurs centraux à la direction générale de NAFTAL. Le plan de Hakkar n’avait pas reçu le feu vert des autorités algériennes notamment du Premier-ministre, Abdelaziz Djerad, son protecteur et premier allié, qui avait peur des conséquences désastreuses d’une telle nomination hasardeuse.

C’est pour cette raison que le PDG de Sonatrach s’est rabattu sur Kamel Benfriha pour exercer sur lui toutes les pressions possibles et imaginables afin de le contraindre de jouer le jeu en faveur de ses intérêts et ceux de son clan dans le dossier délicat de PETROGEL.

Pour rappel, ce scandale concerne plus exactement les autorisations obtenues par PETROGEL pour vendre et facturer la livraison des carburants marins à des navires étrangers, une activité qui revenait habituellement à NAFTAL, la filiale du groupe Sonatrach, chargée de la distribution des carburants et produits pétroliers.

PETROGEL fait ainsi l’objet de deux enquêtes distinctes. La première est menée par la brigade de recherches de Bab Jedid et de Bouchaoui relevant du groupement de la gendarmerie de Chéraga de la Gendarmerie Nationale et la deuxième a été lancée par la direction générale des douanes algériennes. Au niveau de la gendarmerie, l’enquête tourne au ralenti et certains hauts responsables de la gendarmerie nationale font preuve d’une volonté manifeste de protéger l’actuel PDG de Sonatrach, Toufik Hakkar, celui par qui le scandale est arrivé puisqu’il est celui qui a imposé à la direction commerciale de Sonatrach l’opérateur privé PETROGEL lequel achetait ainsi les carburants marins à des prix subventionnés par l’Etat algérien pour ensuite le revendre en “devises” à des armateurs ou navires étrangers. Ces mêmes carburants sont importés en devises par Sonatrach depuis l’étranger car ils sont rarement conçus en Algérie. Cette combine permettait à PETROGEL de gagner des millions de dollars par an, le marché de la fourniture des carburants marins en Algérie est estimé à plus de 200 millions de dollars par an.

A NAFTAL, PETROGEL avait profité d’un approvisionnement régulier mais illégal en quantités considérables de carburants. A la fin du mois de janvier dernier, NAFTAL a été instruite par le PDG de Sonatrach, Toufik Hakkar, de secourir ce concurrent privé embourbé dans certaines difficultés financières en raison de son expansion très rapide et incontrôlée, à savoir PETROGEL, en lui débloquant l’approvisionnement en carburants de plusieurs de ses stations-services basées dans plusieurs wilayas de l’est du pays.

Algérie Part avait révélé que le 16 juin dernier, le PDG de Sonatrach, Toufik Hakkar s’était rendu en toute discrétion à NAFTAL pour rencontrer en privé Kamel Benfriha, l’homme qui était à l’époque un simple directeur général par intérim de NAFTAL. Comme par hasard, au lendemain de cette rencontre avec le PDG de Sonatrach, la direction générale de NAFTAL avait envoyé un document officiel le 17 juin dernier pour demander l’approvisionnement en carburants de 14 stations-services de l’opérateur privé PETROGEL, le concurrent direct de NAFTAL puisqu’il est également acteur de ce marché stratégique de la distribution en gros des carburants !

NAFTAL a été donc dépouillé de ses carburants pour secourir un privé choyé par le PDG de Sonatrach et d’autres potentats discrets du régime algérien. Le scandale a mobilisé les ouvriers de NAFTAL à Batna, Skikda et Alger à travers plusieurs rassemblements et actions de protestation pacifiques.

Reste à savoir enfin si les enquêtes des douanes algériennes et de la gendarmerie nationale vont faire bouger réellement les lignes dans ce dossier que certains hauts responsables du régime algérien veulent étouffer.

1 COMMENT

  1. Les enquêtes de la cet vont partir a la poubelle surtout quand il s’agit des amis de Djerad et Djerad a une grande influence sur Tebboune parce qu’il se voit plus intelligent que lui , et maintenant hakkar a chaque fois qu’il magouille il monte de grade vous allez voir il va être nommé ministre et ce directeur qui l’a dénoncé il va écopé d’une dizaine d’années de prison , les voleurs n’aiment qu’on les dénonce surtout quand ils ont le pouvoir sous leurs mains.