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vendredi, février 3, 2023

Exclusif. Paris : comment le favoritisme s’est instauré au sein de la plus importante banque algérienne à l’étranger

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Algérie Part poursuit ses investigations sur la BIA, la plus importante banque algérienne établie à l’étranger. En effet, créée en 1975 au cœur de Paris, la Banque Intercontinentale Arabe a changé de raison sociale en 2005 pour devenir la Banque BIA.

Le capital de 158 100 000 euros est détenu à parité (50% chacune) par deux banques d’État, la Banque Extérieure d’Algérie et la Libyan Foreign Bank. Chacune d’elles est la première dans son pays et dispose de moyens financiers importants, étant notamment en charge des transactions sur les hydrocarbures vers les pays importateurs (Amérique du Nord, Europe, Asie). Elles assurent pour le compte de grandes entreprises de ces pays les relations financières avec la zone OCDE. Elles sont donc particulièrement soucieuses de leur réputation et de l’image de marque de leurs filiales, et spécialement de leur filiale française, la Banque BIA. Malheureusement, les investigations d’Algérie Part ont dévoilé que la direction générale de cette banque est ciblée et visée par plusieurs plaintes pour diverses infractions dont des faits graves de détournement de fonds.

 

La police judiciaire française est en train de mener l’enquêter et la justice française est en charge de ce dossier. De notre côté, après avoir étudié plusieurs volets liés aux dépenses onéreuses, douteuses et inexpliqués du patron de la BIA, le banquier algérien Mohamed Younsi, ainsi que des pratiques financières opaques de son administration, nous nous sommes intéressés aujourd’hui de près aux autres acteurs de la mauvaise gestion de cette banque algérienne aujourd’hui déficitaire et menée de faillite !

 

Nous avons identifié au cours de nos investigations, Mme LELARGE Katy, nationalité française, Directrice du Département Conformité et Juridique en charge de la Sécurité Financière, qui est la correspondante avec M. YOUNIS auprès de l’organisme TRACFIN. Elle joue le rôle de responsable du Juridique, de la conformité, du contentieux, du contentieux social, de la Sécurité Informatique, de la Sécurité Générale, des procédures et membre de nombreux comités. Au cours de nos investigations,  plusieurs sources proches de la BIA ont soulevé des interrogations légitimes  concernant la pertinence et de l’exhaustivité des informations qu’elle remonte auprès de certains comités présidés par les administrateurs…

Il est à souligner que Mme LELARGE a été recrutée en 2000 à l’inspection générale de la banque sous l’autorité hiérarchique de M. TABTI, inspecteur général.  Comment expliquer une telle évolution à un poste aussi stratégique sans pour autant disposer de la moindre formation (universitaire ou professionnelle) en lien avec ses fonctions  ? Pour l’heure, nous n’avons pas pu recueillir des éléments concrets et fondés pour répondre à cette question. 

 

Cependant, force est de constater que le principal manager de la BIA, Mohamed YOUNSI, a préféré arrêter de travailler avec certains partenaires (BNP par exemple) plutôt que d’accéder aux différentes demandes de mise à jour des dossiers et plus particulièrement en communicant le CV de Mme LELARGE en tant que Compliance Officer.  Signalons, par ailleurs, que Mme LELARGE est directement visée par deux plaintes pour faux.

Nous avons constaté au cours de nos investigations que HAJJAR Sabine, de nationalité française,  a bénéficié également d’une évolution fulgurante. Elle est arrivée à la BIA il y a une dizaine d’années à l’inspection Générale sous l’autorité hiérarchique de M TABT.

Suite à la mutation de M. TABTI au département communication, Mme HAJJAR a été nommée Inspectrice Générale puis directrice du Département des Risques. Le comité d’audit avait relevé avec surprise l’augmentation importante des frais de prestataires relatifs à la réalisation de différentes missions d’inspection et ce malgré le renfort en ressources humaines. Il est important de noter que l’Inspection Générale dans le cadre de ses missions doit superviser le RCI (rapport sur le contrôle interne). 

Un autre cadre dirigeant de la BIA joue un rôle controversé dans dans le fonctionnement de la plus importante banque algérienne à l’étranger. Il s’agit de CHIBAB Yamina de  nationalité française et ex-salariée BFO qui est arrivée à la BIA en tant que négociatrice au département Crédit Documentaire puis  maintenant Directrice du Département. Personne très dévouée et source incontournable d’information pour Mohamed YOUNSI, Mme CHIBAB a émis des attestations à l’encontre différents salariés et est directement visée par deux plaintes au pénal.

Nous avons encore BENMALEK Ryad, de nationalité franco algérienne, fils d’un des fondateurs de la BANQUE BIA est aujourd’hui Directeur Commercial via un parcours atypique. Le  11/07/2018, M. BENMALEK en poste en qualité de simple chargé de clientèle, a été nommé sous-directeur et chargé de l’intérim du Département Commercial.

Par ailleurs, BENMALEK est à la tête par intérim du département commercial mais a conservé sa signature B. M. Mohamed YOUNSI lui attribue deux mois après sa nomination une signature à afin d’être d’un niveau similaire avec celle de l’ancien directeur. En effet, son prédécesseur a assuré la fonction de directeur commercial par intérim durant 5 ans et demi. Au terme de cette mission, il n’a pas été confirmé dans son poste mais au contraire rétrogradé à celui de chargé de clientèle. Ce cadre était salarié protégé et assuré la fonction de Secrétaire du CHSCT (Comité d’Hygiène de Sécurité et des Contions de Travail) et souhaitait lancer un droit d’alerte sur les risques psychosociaux.  3 mois après sa précédente nomination, M. BENMALEK se voit attribuer le titre de Directeur Adjoint et assume dorénavant  la responsabilité hiérarchique sur le personnel du Département Commercial.

Ces nominations, promotions et désignations obéissent finalement à des critères que l’on peut qualifier de « clientélistes ». Un favoritisme criant mine profondément la plus importante banque algérienne établie à l’étranger. Et ce mode de gouvernance risque de mener la BIA vers la faillite. Algérie Part reviendra sur ce sujet avec de nouvelles révélations.

 

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